Divers

Lequotidiendumedecin.fr : L’espérance de vie en bonne santé ne progresse plus depuis dix ans en France

il y a 1 mois, par infosecusanté

L’espérance de vie en bonne santé ne progresse plus depuis dix ans en France

Fabienne Rigal

16.01.2018

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) vient de faire paraître son rapport sur l’espérance de vie en France. Celui-ci montre que l’espérance de vie en bonne santé (aussi appelée sans incapacité) reste stable, mais que l’espérance de vie augmente, et ce pour les deux sexes.

« En 2016, l’espérance de vie en bonne santé à la naissance s’élève à 64,1 ans pour les femmes et 62,7 ans pour les hommes », indique la DREES. Cet indicateur n’a pas évolué ces 10 dernières années. La part des années vécues sans incapacité s’élève donc à 80 % pour les hommes et à 75 % pour les femmes, qui déclarent davantage de limitations fonctionnelles au quotidien, et vivent aussi plus longtemps : en 2016, l’espérance de vie était de 85,3 ans chez les femmes et de 79,3 ans pour les hommes (contre 85,1 ans et 79,3 ans en 2015, respectivement pour les femmes et pour les hommes).

L’espérance de vie en bonne santé à 65 ans progresse, celle à 55 ans baisse

La DREES souligne aussi que « l’espérance de vie en bonne santé à 65 ans s’établit à 10,5 ans pour les femmes et à 9,4 ans pour les hommes, un résultat stable par rapport à 2015. Au cours des dix dernières années, cet indicateur a progressé de 0,9 an pour les femmes et de 0,8 an pour les hommes, traduisant un recul de l’âge d’entrée en incapacité pour les personnes ayant atteint 65 ans. » Une donnée qui semble contradictoire avec la stagnation de l’espérance de vie sans incapacité.

Mais, « avant 55 ans, la part des années en bonne santé diminue depuis 2006, ce qui reflète notamment un allongement de l’espérance de vie pour les personnes ayant des incapacités survenues plus tôt au cours de la vie. » Les deux évolutions contraires se compensent en fait, expliquant la stagnation.

Une évolution favorable aux hommes

Concernant l’espérance de vie, les auteurs notent que « l’évolution au cours des dix dernières années (2006-2016) a été plus favorable aux hommes : leur espérance de vie à la naissance a progressé de 2,2 ans tandis que celle des femmes n’a connu un gain que de 1,2 an. »

Par ailleurs, la France se situe au-dessus de la moyenne européenne pour l’espérance de vie en bonne santé des femmes (64,4 ans contre 63,2 ans, soit le 5e rang européen), et dans la moyenne pour celle des hommes (62,6 ans contre 62,5 ans, soit le 10e rang). Davantage de contraste encore est observé pour l’espérance de vie à la naissance : les femmes françaises ont une espérance de vie plus longue que les femmes européennes (85,3 ans contre 83,1 ans, soit le 2e rang derrière l’Espagne), mais les hommes français n’occupent que le 10e rang du palmarès européen (79,3 ans, contre 77,7 ans).

La natalité en baisse, pour la troisième année consécutive

L’INSEE a de son côté présenté le bilan démographique 2017, précisant que la population a augmenté de 0,3 % (une progression principalement due au solde naturel, lequel est cependant historiquement bas). En effet, le nombre de naissances a baissé en France pour la troisième année de suite (17 000 naissances de moins en 2017 par rapport à 2016, soit une baisse de 2,1 %). « L’indicateur conjoncturel de fécondité est également en recul pour la troisième année et s’établit à 1,88 enfant par femme en 2017 (contre 1,92 en 2016). Il reste néanmoins le plus élevé d’Europe (devant l’Irlande, la Suède et le Royaume-Uni) », précise l’INSEE. Et l’âge moyen à première grossesse menée à son terme continue de croître régulièrement : il atteint 30,6 ans en 2017, contre 29,8 ans dix ans plus tôt. Le nombre de personnes décédées a, lui, augmenté, de 9 000 par rapport à 2016.