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Lequotidiendumedecin.fr : La boîte à outils du SNPHARe pour réparer la régulation au SAMU et les urgences

il y a 2 mois, par infosecusanté

La boîte à outils du SNPHARe pour réparer la régulation au SAMU et les urgences

Anne Bayle-Iniguez

| 17.07.2018

Inquiet de l’état des services d’urgences et de la qualité inégale de la régulation médicale, le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs élargi (SNPHARe) s’est fendu de 14 propositions à l’intention des pouvoirs publics. Remises à Agnès Buzyn au même titre que celles des urgentistes, ces préconisations portent sur l’amélioration de l’accès aux urgences, l’orientation du patient en amont et en aval et sur le développement d’une réponse organisée au niveau territorial.

Être dans le juste soin

Le décès de Naomi Musenga au CHU de Strasbourg après divers dysfonctionnements au SAMU pousse les praticiens hospitaliers du SNPHARe à prendre position sur tous les sujets.

Côté ressources, le syndicat réclame l’application dans toutes les structures d’urgences (SAMU, SMUR, SU, UHCD) d’un référentiel ad hoc qui établit des ratios fondamentaux tels que « six dossiers de régulation médicale par heure » pour un médecin régulateur et « 7,2 appels par heure » pour un assistant de régulation médicale (ARM).

Comme les organisations d’urgentistes, le SNPHARe appelle à « standardiser » par deux ans d’études la formation initiale des ARM, souvent faite sur le tas.

Il convient aussi de « systématiser une démarche assurance-qualité et de gestion des risques » au SAMU : mise à jour des procédures de traitement des appels au 15, revues de morbi-mortalité, staffs d’évaluation des pratiques et déclaration d’évènements indésirables graves.

Les PH attendent également une réforme « en urgence » de l’organisation des transports sanitaires, qui « dysfonctionnent » et provoquent des « erreurs dans le processus de décisions en régulation médicale ».

Pour faire face aux périodes difficiles, notamment l’été et l’hiver, les syndicat souhaite l’ouverture « anticipée, transitoire et adaptée » d’unités d’hospitalisation adossée aux urgences. En parallèle, le SNPHARe recycle une revendication majeure récurrente : « l’arrêt immédiat » de la fermeture des lits (notamment ceux de soins critiques) associé à une « réorganisation de l’hôpital afin de faciliter l’aval des urgences ».

Dans la même veine, les petits services d’urgences doivent cesser d’être transformés en centres de soins non programmés, ouverts uniquement en journée.

Coopération avec la ville

Le SNPHARe s’intéresse également à l’amélioration de la prise en charge médicale. Les praticiens veulent développer des « projets de coopération » avec la médecine de ville « du même territoire », en dehors (et au cours) des horaires de la permanence des soins ambulatoires (PDSA). Ils appellent de leur voeux la création d’un plan « Hopital sous tension » qui permettrait de déclencher une coordination inter-hospitalière public/privé iniédite lorsqu’une structure d’urgence est saturée.

Le recours à la télémédecine doit enfin être privilégié entre les EHPAD, les services d’urgences et le SAMU dans les tous les groupements hospitaliers de territoire (GHT) « pour un soin efficient ».