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Lequotidiendumedecin.fr : La santé dans le match Fillon-Juppé : ce qui les unit, ce qui les distingue

il y a 2 mois, par infosecusanté

La santé dans le match Fillon-Juppé : ce qui les unit, ce qui les distingue

Anne Bayle-Iniguez

| 21.11.2016

La large victoire de François Fillon (44 %) devant Alain Juppé (28,6 %), entraînant l’éviction de Nicolas Sarkozy (20,6 %), créé la surprise du premier tour de la primaire de la droite et du centre, ce dimanche.

Alors que les Français sont amenés à se prononcer dimanche 27 novembre pour départager les deux concurrents pour savoir qui représentera les Républicains (LR) à l’élection présidentielle du 23 avril 2017, le « Quotidien » revient sur les programmes santé des deux hommes – à retrouver dans notre comparateur.

Membre du même parti politique, François Fillon, 62 ans, et Alain Juppé, 71 ans, partagent des convictions similaires quand il s’agit de défendre les intérêts des médecins libéraux en général et du médecin généraliste traitant en particulier. Favorables à l’abrogation du tiers payant généralisé, ils s’érigent autant l’un que l’autre en garants de la liberté d’installation des professionnels et du choix en toute indépendance de leurs médecins par les patients. Tous deux sont favorables au développement des maisons de santé et de la télémédecine, qu’Alain Juppé veut même « valoriser » via des consultations ad hoc remboursées.

Plus traditionnel dans son approche de la médecine de ville, François Fillon évoque dans son programme une meilleure informatisation des cabinets médicaux et une mise en place « effective » du dossier médical personnel (DMP).

L’hôpital, marqueur clivant

C’est dans leur vision économique de l’hôpital de demain que les deux candidats de droite se différencient vraiment. François Fillon affiche très clairement sa volonté de réformer en profondeur les trois branches de la fonction publique. Évitant de parler de fermetures de lits à l’hôpital, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy veut « rationaliser » la carte hospitalière et poursuivre la logique de la loi HPST, portée par une de ses proches, l’ancienne ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Concernant la problématique de la saturation des urgences, François Fillon compte même « réorienter », « reconvertir » voire « fermer » les petites structures. Il promeut le retour aux 39 heures de travail hebdomadaire, la création d’hôtels hospitaliers et un label « hôpital France » pour exporter le savoir-faire français.

François Fillon marche dans les pas de Margaret Thatcher (personnalité qu’il admire d’ailleurs) en favorisant une maîtrise rigoureuse des dépenses de santé. Lui élu, ce sera la fin de « la culture du déficit » à l’hôpital. L’État mettra en place une règle d’or imposant l’équilibre des comptes pour les dépenses d’assurance-maladie.

Défendant des mesures bien plus nuancées et moins régulatrices, Alain Juppé propose un programme hospitalier typique de sa famille politique : autonomisation budgétaire des établissements, fin du « dogme » des 35 heures et de l’approche « punitive » du gouvernement à l’égard des cliniques privées (à inclure dans le service public hospitalier). Pour lui, contrairement à son rival, pas question de s’engager « dans le grand soir bureaucratique d’une énième réforme hospitalière ».