L’hôpital

Lequotidiendumedecin.fr : Les directeurs d’hôpital à l’offensive pour renforcer l’attractivité du secteur public

il y a 3 mois, par infosecusanté

Les directeurs d’hôpital à l’offensive pour renforcer l’attractivité du secteur public

Anne Bayle-Iniguez

20.03.2017

L’association des directeurs d’hôpital (ADH) a porté à l’attention des candidats à la présidentielle une série de propositions « fondées sur les attentes et l’expérience des dirigeants hospitaliers ».

L’association, qui vient d’organiser son 25e congrès à Paris, a défini plusieurs chantiers prioritaires : renforcer l’attractivité de l’hôpital, soutenir un hôpital « performant et moderne » ainsi que les acteurs du pilotage hospitalier, favoriser enfin l’ouverture et l’innovation du système hospitalier.

En écho au plan attractivité du gouvernement, les directeurs veulent revaloriser la rémunération des praticiens hospitaliers (PH) en début de carrière et celle des postes « difficiles » (chefs de pôle, de service, président de commission médicale d’établissement). Plus original, ils souhaitent introduire une part d’intéressement dans la rémunération des PH. Ils réclament également une refonte complète du système de notation des personnels non médicaux « inefficace et artificiel » qu’il convient de remplacer par une évaluation sur objectifs.

Le conventionnement sélectif en vogue

La régulation de l’intérim médical, aux dimensions « inacceptables et délétères », est une autre priorité. Les agences de recrutement, les tarifs et le parcours professionnel des praticiens intérimaires doivent être contrôlés et les résultats doivent être consultables par les établissements en quête de médecins, exhortent les directeurs. L’assouplissement des conditions d’accueil des médecins libéraux souhaitant achever leur carrière à l’hôpital est un autre moyen de réduire l’intérim. Enfin, le fait de valoriser et mutualiser les gardes dans les spécialités en tension (anesthésie, urgences) pourrait attirer de nouveaux médecins – ou moins les rebuter.

Les directeurs misent aussi sur le rétablissement de l’obligation de permanence des soins dans le privé et la fin de la concurrence déloyale. « Les établissements privés peuvent débaucher des praticiens dans le même territoire, voire dans la même commune, alors que ces mouvements sont le plus souvent interdits par contrat entre structures privées », s’agace l’ADH.

Sur la même longueur d’onde que la FHF et Benoît Hamon, les directeurs jugent qu’au regard de la désertification médicale, « le conventionnement des médecins devrait être adapté aux territoires d’exercice choisis ».

Kit de survie pour les managers

Concernant l’activité, l’ADH veut continuer sur la voie de la sortie du « tout T2A » (tarification à l’activité) et introduire une vision pluriannuelle dans le financement hospitalier. Les directeurs projettent aussi de développer les tarifs selon certains indicateurs de qualité (tenue du dossier patient, infections nosocomiales, durée de séjour, etc.). Pour éviter les dérives de gestion, un « kit de survie du responsable hospitalier » pourrait être distribué aux futurs directeurs.

L’ADH formule également plusieurs propositions pour désamorcer les situations de conflits incluant médecins et/ou membres de la direction. Les directeurs avancent l’idée d’une cellule d’écoute anonymisée et la création de groupes d’appui « constitués de collègues n’exerçant pas dans la région et pouvant mener des missions ponctuelles "entre pairs" ».

En ville, un paramédical référent

L’ADH suggère enfin, à l’heure de la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT), de moderniser l’hôpital en misant sur la révolution numérique (télémédecine, téléconsultation, télé-expertise).

Favorable à l’ouverture vers la ville, l’association milite pour le renforcement des coopérations avec les libéraux. Pour améliorer le parcours de soins et la prévention, elle propose la création d’un statut de « professionnel paramédical référent » sur le modèle du médecin du même nom. « Un patient à domicile peut recevoir la visite d’infirmières, de kinésithérapeutes, d’orthophonistes qui ont leur place dans la gestion des parcours », concluent les directeurs