Médecins et professionnels de santé libéraux

Lequotidiendumedecin.fr : Un clash au CNPS relance la guéguerre entre médecins et paramédicaux

il y a 1 mois, par infosecusanté

Un clash au CNPS relance la guéguerre entre médecins et paramédicaux

Marie Foult

15.12.2016

Rien ne va plus entre les professionnels de santé libéraux. Après que trois syndicats infirmiers (la FNI, Convergence infirmière et l’ONSIL) ont claqué la porte du Centre national des professions libérales de santé (CNPS) fin octobre, c’est au tour des kinésithérapeutes (FFMKR et SNMKR) d’annoncer leur démission de la structure de représentation intersyndicale, avec des orthophonistes (FNO) et des orthoptistes (SNAO).

Ce départ est motivé par un « choix délibéré d’orientation du CNPS vers une politique de repli corporatiste », expliquent les sécessionnistes. Les syndicalistes reprochent notamment à la structure son « médico-centrisme » et le manque d’initiative et d’autonomie laissées aux paramédicaux.

Surtout, les quatre organisations n’ont pas apprécié la récente constitution du Collectif santé 2017 et surtout l’arrivée des Généralistes-CSMF, membre du CNPS, au sein de la fédération des soins primaires (FSP) inaugurée à la mi-novembre et officiellement installée ce jeudi. Deux initiatives dont ils n’ont pas été prévenus.

Créer un électrochoc

« Nous n’avons été mis au courant de rien, et ce, alors que la fédération des soins primaires inclut des membres qui ne défendent pas l’exercice libéral, à l’inverse de ce qu’on est censé faire au CNPS ! », s’insurge le président de la FFMKR, Daniel Paguessorhaye, qui évoque un « double langage ».

« Le ralliement de plusieurs membres du CNPS au Collectif santé 2017, puis à la fédération des soins primaires nous a surpris, enchérit Anne Dehêtre, présidente de la FNO. Alors que nos objectifs sont de réfléchir à une meilleure organisation des soins de ville, la multiplication des structures crée des divisions et met à mal le travail qui pourrait être fait. »

Les représentants des paramédicaux voient plutôt leur départ comme « un électrochoc, une alerte » et se disent prêts à revenir si la situation s’améliore et que le CNPS réagit.

La porte reste ouverte

Le président du CNPS, Philippe Gaertner, également à la tête de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), prône de son côté l’apaisement.

« Il y a un sentiment des paramédicaux de ne pas trouver dans cette structure ce qu’ils recherchent, et je peux le comprendre, mais nous avons besoin d’un lieu où la prise en charge libérale se définit et ce n’est pas en se dispersant que cela va se régler », a-t-il confié au « Quotidien ». Selon lui, les raisons de ce mal-être sont aussi à chercher du côté des pouvoirs publics, à l’heure où la négociation de l’accord-cadre interprofessionnel (ACIP) vient encore d’être décalée à septembre 2017.

« Après l’échec des négociations interprofessionnelles de 2014, l’ACIP met tous les moyens sur les centres de santé et les libéraux ont l’impression de passer ensuite », affirme-t-il. Quant aux accusations de centrisme autour des médecins, « c’est justement au sein du CNPS qu’elles doivent se combattre », poursuit Philippe Gaertner. Le patron du CNPS précise que « la porte reste ouverte, tout comme les prochaines réunions ».