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Les Echos - Une nouvelle carte des déserts médicaux promise pour la rentrée

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

Agnès Buzyn a promis un plan d’action « de grande ampleur ». 8 % de la population vivent dans une zone sous-équipée.

Se faire soigner près de chez soi devient un luxe. Alors que les besoins croissent et que les jeunes médecins ne veulent plus se tuer à la tâche , les « déserts médicaux » s’étendent : pour consulter, il faut patienter, payer des dépassements d’honoraires... voire filer à l’hôpital en désespoir de cause. Selon le ministère de la Santé, pas moins de 8 % de la population vivent dans une zone sous-équipée (moins de 2,5 consultations potentielles par an et par habitant auprès d’un généraliste à 20 minutes de distance en voiture).

Mais en réalité, avec 327 médecins pour 100.000 habitants, le pays entier souffre d’ « une pénurie d’offres ». Et le problème est appelé à durer, car le nombre de médecins par habitant va diminuer et devrait rester inférieur au niveau actuel jusqu’en 2028.

Un travail de longue haleine

Contre les déserts médicaux, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn , a promis pour septembre un plan d’action « de grande ampleur ». Il comportera un doublement du nombre de maisons de santé pluriprofessionnelles , comme promis par le candidat Macron. On estime à 1.200 le nombre de ces regroupements de libéraux. Mais ces maisons ne sont pas la panacée, car certaines ferment et d’autres n’attirent pas les médecins. La ministre est donc à la recherche d’autres solutions. Elle a recueilli les idées des professionnels de santé dès les premiers jours.

Dans sa feuille de route initiale, Agnès Buzyn a évoqué le développement des stages en ambulatoire, des facilités pour exercer à la fois en ville et à l’hôpital, la montée en puissance de nouvelles professions pour décharger les médecins, et la télémédecine. La ministre attend bien sûr des propositions de l’Assurance-maladie. Cette dernière n’envisage pas d’augmenter les aides à l’installation en désert médical, récemment repensées, mais plutôt de renforcer le bonus pour les spécialistes qui viennent exercer dans un territoire isolé pendant une journée.

Mais avant de dévoiler de nouvelles mesures, la carte des déserts médicaux va être revue. Ce travail de longue haleine a été entrepris sous le gouvernement précédent. La concertation avec les représentants des professionnels de santé se poursuit. Rien n’est arrêté pour l’instant, prévient-on au ministère de la santé.