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Les Echos.fr : Pas de dérapage en vue pour les dépenses d’assurance-maladie en 2018

il y a 3 semaines, par infosecusanté

Pas de dérapage en vue pour les dépenses d’assurance-maladie en 2018

Solveig Godeluck |

Le 16/04

L’objectif de dépenses d’assurance-maladie en ville n’a pas été respecté en 2017, mais cela a été compensé par la faiblesse de l’activité hospitalière. -

La chute de l’activité des hôpitaux a contrebalancé le surcoût des soins en ville l’an dernier. L’année 2018 démarre avec un matelas de sécurité.

C’est plutôt une bonne nouvelle. Selon l’avis du Comité d’alerte sur le respect de l’Objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam), le gouvernement a été suffisamment prévoyant lorsqu’il a construit le budget de la santé pour 2018 et les tarifs des hôpitaux. Même si une mauvaise surprise n’est jamais exclue, « les crédits mis en réserve en début d’année 2018 (625 millions d’euros) devraient permettre de faire face aux risques de dépassement de l’Ondam aujourd’hui identifiés », considère le comité dans un avis publié ce lundi. Un matelas de securité en quelque sorte.

En 2018, les dépenses d’assurance-maladie risquent de progresser plus vite que prévu, entre 335 et 405 millions d’euros de plus que l’Ondam voté à l’automne. Cela s’explique par l’inefficacité de la régulation des soins de ville.

Toutefois, lors de la fixation des tarifs des hôpitaux fin février, le gouvernement a prudemment mis de côté près de 700 millions d’euros. De plus, l’Ondam 2017 a été respecté à 60 millions d’euros près - autant dire l’épaisseur du trait sur un budget total de 190,7 milliards d’euros.

L’hôpital « vertueux »

Mais il faut entrer dans le détail de l’exécution de cet Ondam 2017 pour comprendre les dynamiques à l’oeuvre. Le grand écart s’est accentué entre un hôpital « vertueux » malgré lui - via le gel des crédits - et des soins de ville dépensiers par la force des choses, puisqu’il n’existe pas de mécanisme efficace pour réguler les sorties d’argent.

Les dépenses hospitalières (78,6 milliards d’euros en 2017) sont restées 405 millions en deçà de l’objectif rectifié en fin d’année. Et cela aurait même été 655 millions de moins s’il n’y avait eu un dégel tardif de crédits 2017 en mars 2018. Les hôpitaux ont souffert d’une brutale chute de leur activité l’année dernière. Or leurs tarifs avaient été abaissés au nom de la croissance rapide des volumes. Ce n’est pas un hasard si le mécontentement gronde à l’hôpital .

Surcoûts en série dans les soins de ville

En ville, les soins ont coûté 87,2 milliards d’euros, soit 320 millions de plus que l’objectif rectifié fin 2017... et 600 millions de plus que ce qui était inscrit dans la loi initiale fin 2016. Les honoraires médicaux et dentaires ont dérapé de 285 millions d’euros, portés par les consultations de dentistes et les actes techniques.

Les surcoûts s’élèvent à 65 millions dans les médicaments, 35 millions dans la biologie et 20 millions en indemnités journalières. Le comité d’alerte pointe « une absence d’effectivité des mesures prises pour freiner les dépenses d’indemnités journalières » et les « résultats partiels en matière de biologie et de transports médicaux ».

Solveig Godeluck