Moyen-Orient

Médiapart - Les hôpitaux sont devenus des cibles de guerre en Syrie, selon une étude

15 mars, par Info santé sécu social

15 mars 2017| Par Agence Reuters

La communauté internationale doit s’engager davantage pour protéger le secteur de la santé en Syrie, cible l’année dernière d’un nombre sans précédent de bombardements, rapporte une étude publiée mardi dans le journal médical The Lancet.

L’année 2016 a été la plus dangereuse jusqu’à présent pour le personnel médical en Syrie, visé par de multiples attaques, meurtres, emprisonnements, enlèvements et actes de torture, rapporte le professeur Samer Jabbour, co-auteur de l’étude à la faculté de médecine de l’université américaine de Beyrouth.

"Ces violations du droit humanitaire international et des droits de l’homme sont restées largement sans réponse de la part de la communauté internationale, malgré leurs conséquences énormes", dit-t-il. "Il y a eu des dénonciations (...), mais peu d’action."

Publiée pour marquer le sixième anniversaire du conflit syrien, l’étude utilise des données issues de sources variées afin d’évaluer l’effet de la guerre sur le secteur médical et ses acteurs. Elle constate que la santé est utilisée comme une "arme" qui se retourne contre les civils, qui se voient refuser l’accès aux soins.

Selon l’enquête, 814 personnels médicaux ont été tués entre mars 2011 et février 2017, un chiffre "largement sous-estimé" selon son co-auteur, en raison de la difficulté de collecter des données fiables.

Près de 200 attaques ont eu lieu sur des centres médicaux rien que l’année dernière, poursuit l’étude, qui souligne l’existence de bombardements répétés sur les hôpitaux en vue de les faire fermer.

Après 90 attaques sur des hôpitaux en 2015, l’année 2016 a vu cette tendance augmenter, pour aboutir à 199 attaques.

A Hama, dans l’ouest de la Syrie, l’hôpital Kafr Zita Cave a été bombardé 33 fois depuis 2014. A Alep-Est, l’hôpital M10, dans le quartier d’Al Sakhour, a été la cible de 19 attaques en trois ans, et détruit en octobre par des avions russes et des hélicoptères syriens.

"Avec le temps, le ciblage est devenu plus fréquent, plus évident et plus étendu géographiquement. A notre connaissance, ce niveau de ciblage des installations de santé n’est apparu dans aucune autre guerre dans le passé", estime Jabbour.