Luttes et mobilisations

Nord Eclair - Tourcoing, grève ce mardi dans les EHPAD

il y a 4 mois, par Info santé sécu social

Une semaine après un mouvement national, deux des principaux syndicats de la mairie, FO et FAFPT, ont déposé un préavis de grève pour alerter sur la situation des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (les EHPAD). Ils dénoncent un manque de personnel et des problèmes de management.

Par Jean-François Rebischung
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Une semaine après un mouvement national, deux des principaux syndicats de la mairie, FO et FAFPT, ont déposé un préavis de grève pour alerter sur la situation des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (les EHPAD). Ils dénoncent un manque de personnel et des problèmes de management.

C’était il y a un an. L’EHPAD des Flandres était à nouveau inauguré après cinq ans de travaux qui avaient permis la création d’une unité de vie Alzheimer. Mise en service en 1983, la résidence semblait promise à une nouvelle jeunesse. Mais sur la photo, le sourire des élus qui coupaient le ruban cachait un malaise.

« J’adore mon boulot mais je n’y mettrai pas mes parents », déplore un agent croisé à la sortie de la résidence des Flandres. Un autre évoque des toilettes faites à la va-vite par manque de personnel. « On n’a plus le temps de discuter avec les résidents », regrette un troisième. « La grève va être très suivie », assure Didier Vanachte, de Fédération autonome de la fonction publique territoriale, l’un des deux syndicats qui appelle l’ensemble des agents de la mairie et du CCAS à débrayer ce mardi matin.

Le mouvement témoigne d’un malaise profond. En 2012, le terme « malaise » avait déjà été employé par les agents de l’autre EHPAD de Tourcoing, la résidence des Acacias. « On n’oublie pas les Acacias, insiste Édith Branquart de la FAFPT. Le mal-être est là-bas aussi ». Ce mardi, c’est tout de même devant la résidence des Flandres qu’est programmé un rassemblement à 11 h. Les syndicats dénoncent pêle-mêle un manque de personnel, des gros problèmes de management, la baisse des dotations du conseil départemental et une « maltraitance institutionnelle ».

Martine témoigne : « J’étais auxiliaire de vie et je voulais devenir aide-soignante. J’ai entamé les démarches et puis j’ai arrêté car je n’en pouvais plus ». Cet agent parle, elle aussi, de « toilettes faites à moitié », de résidents oubliés dans leur chambre à l’heure du midi « parce que parfois il y a plus d’intérimaires que de titulaires. Pour moi, c’est ça la maltraitance institutionnelle ». Édith Bracquart va même plus loin : « Entre nous, la convivialité n’est même plus là ».

« Nous espérons qu’il y aura un électrochoc », avance Didier Vanachte. Qui peut déjà compter sur le soutien de plusieurs agents des services restauration et éducation. Ce lundi, la ville a publié sur son site la liste des écoles où ne seront pas assurés le repas, la surveillance du midi ou l’accueil périscolaire. Mais pour FO, le problème n’est pas que tourquennois. « La baisse des dotations engendre ce type de problème, assure la déléguée départementale Delphine Petit. Beaucoup d’agents sont en grande souffrance physiquement. » « On ne méconnaît pas les conditions de travail, admet de son côté le premier adjoint au maire de Tourcoing en charge du personnel, Didier Droart. Mais tout est parti d’une grève nationale à cause de la baisse des subventions. » Une grève nationale qui trouve quand même un écho assez fort au plan local.

L’adjointe Doriane Bécue dit « comprendre les grévistes »

« Je suis infirmière et la semaine dernière, j’ai apporté mon soutien à mes collègues qui manifestaient. » Adjointe aux affaires sociales et vice-présidente du conseil départemental, Doriane Bécue affirme qu’elle rendra visite ce mardi après-midi aux agents des EHPAD de Tourcoing. « Je soutiens les équipes », affirme l’élue, qui est pourtant pointée du doigt concernant la baisse des subventions du conseil départemental. « Si l’État n’avait pas abandonné les départements, nous n’aurions pas été obligés de subir cette baisse. Notre budget, on l’a fait dans la douleur », répond la vice-présidente qui espère en revanche une bonne nouvelle pour le personnel de la résidence des Flandres.

Dans un courrier daté du 9 septembre, Doriane Bécue explique en effet qu’elle a rencontré plusieurs fois le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) afin de l’alerter sur les conditions de travail des agents. L’ARS devrait peut-être signer début 2017 une nouvelle convention pour l’EHPAD des Flandres. En l’attendant, l’élue dit avoir anticipé en ouvrant cinq postes pour un responsable, une infirmière et trois aides-soignants. « Le problème, c’est qu’il faut que les aides-soignants et les infirmiers passent aussi le concours de la fonction publique », dénonce l’adjointe, pour qui cette obligation ralentit encore les embauches.

Toutefois, même si la ville a déjà des candidatures, elles ne régleront qu’une partie du problème puisque dans la convention soumise à l’ARS, il est question de 23,5 à 30 équivalents temps plein pour les aides-soignants et de 5 à 7 pour les infirmiers. Ce qui, pour les deux syndicats, ne sera pas suffisant.