Luttes et mobilisations

Paris Normandie : Rouen : la mobilisation se durcit à l’hôpital du Rouvray

il y a 2 mois, par infosecusanté

Rouen : la mobilisation se durcit à l’hôpital du Rouvray

Article de Paris Normandie.fr : http://www.paris-normandie.fr/region/rouen--la-mobilisation-se-durcit-a-l-hopital-du-rouvray-KK13080039

25/05/2018 22:31

Un café solidaire est prévu dimanche après-midi sur le parvis de l’hôpital
Social. Un sixième agent de l’hôpital psychiatrique a rejoint, hier soir, le mouvement de grève de la faim. Le dialogue est dans l’impasse.

Au fil des jours, le ton des banderoles se durcit au centre hospitalier du Rouvray où flotte comme un parfum de ZAD (zone à défendre). « Ici on crève » prévient à l’entrée du bâtiment administratif un poing fermé d’où sort un doigt d’honneur. « Ce dessin résume l’attitude de la direction qui reste sourde à nos demandes », explique un gréviste pour mettre les choses au point au cas où le geste serait mal interprété.
Hier vendredi, au quatrième jour du mouvement entamé mardi (lire nos précédentes éditions) un cinquième agent, Manos, 39 ans, infirmier, a annoncé qu’il s’engageait dans le mouvement de grève de la faim. C’est dire que la mobilisation de l’intersyndicale (CGT, CFTC, CFDT et Sud), soutenue par un comité de grève des salariés, ne faiblit pas.

Depuis le 22 mars, ils réclament des moyens pour faire face à lasuroccupation, l’épuisement des personnels...

Au fil des jours, le ton des banderoles se durcit au centre hospitalier du Rouvray où flotte comme un parfum de ZAD (zone à défendre). « Ici on crève » prévient à l’entrée du bâtiment administratif un poing fermé d’où sort un doigt d’honneur. « Ce dessin résume l’attitude de la direction qui reste sourde à nos demandes », explique un gréviste pour mettre les choses au point au cas où le geste serait mal interprété.
Hier vendredi, au quatrième jour du mouvement entamé mardi (lire nos précédentes éditions) un cinquième agent, Manos, 39 ans, infirmier, a annoncé qu’il s’engageait dans le mouvement de grève de la faim. C’est dire que la mobilisation de l’intersyndicale (CGT, CFTC, CFDT et Sud), soutenue par un comité de grève des salariés, ne faiblit pas.

Depuis le 22 mars, ils réclament des moyens pour faire face à lasuroccupation, l’épuisement des personnels...

« Surdité et aveuglement »

Le communiqué de la direction du CHR a eu le don de chauffer les oreilles des grévistes pourtant habitués à l’indifférence. « Du coup, en début d’après-midi, 80 agents sont allés faire un peu de bruit dans les locaux de la direction qui était déjà partie, nous ont dit les secrétaires. »

Après une réunion infructueuse mercredi soir, la direction a détaillé, jeudi soir, dans un copieux communiqué de presse, les mesures mises en place pour améliorer l’accueil des patients et les conditions de travail. « Mais pas un mot sur les personnes qui mettent leur vie en jeu. À la surdité, il faut ajouter l’aveuglement », tranche un militant. « Et pourtant ce matin (NDLR vendredi), un de nos collègues a été évacué en ambulance par le Samu avant de reprendre la grève de la faim. »

Pour résumer, la direction affirme poursuivre les actions entreprises en avril 2018 et que le dialogue social continue... Sur la suroccupation des lits, elle rappelle « un ensemble d’actions pour résorber le phénomène : remplacement de cinq contractuels affectés au pool de remplacement et redéploiement, dispositif de gestion de crise, nouveau mode de sortie des patients, plages de consultation d’urgence dans quelques CMP (centres médico-psychologiques) pour faciliter les sorties et un suivi ambulatoire ».

Le communiqué affirme que « 503 sorties ont été réalisées en avril 2018, un nombre très nettement supérieur aux sorties réalisées en avril 2017 (417), soit une progression de 20,6 % ». La direction balaye l’argument de la suroccupation : « Le taux d’occupation des lits en avril 2018 est ainsi de 97,9 %, c’est-à-dire le taux d’occupation le plus faible jamais enregistré. Il n’y a donc plus de suroccupation dans l’établissement depuis la mise en œuvre de ces mesures ».

Chiffres contre chiffres, l’intersyndicale réplique : « Le Rouvray, 3e établissement public de santé mentale de France par son volume d’activité ne se situe qu’à la 20e place au niveau des moyens humains et financiers alloués. Notre région est sous-dotée. Et même s’il est possible de trouver encore plus pauvre que le Rouvray, nous sommes quand même en sous-effectif ». Le taux d’occupation des lits, passé sous la barre des 100 %, ne rassure pas les grévistes : « Faire sortir prématurément les patients, juste pour faire baisser le taux, est-ce digne d’un hôpital public ? ».
Mais surtout ils n’en démordent pas : « Sans la création rapide d’une unité pour adolescents et d’une autre pour les détenus, le beau chiffre va repartir à la hausse ».
Ils rappellent la réalité du jour : « Ce vendredi, 40 jeunes sont hospitalisés ici, dont 30 dans une unité pour adultes, parfois en chambre double, ou triple. Cette situation est insupportable ! »

À la veille du week-end, aucune rencontre n’est prévue avec la direction ou l’autorité de tutelle. L’intersyndicale sera présente ce samedi après-midi dans la grande marée populaire à Rouen (14 h 30, cours Clemenceau), et dimanche sur les marchés avant un café solidaire à 17 h sur le parvis de l’administration. La visite annoncée mardi 29 mai de Benoît Hamon (président du mouvement Génération•s) est attendue pour remonter le moral des troupes. Il ne devrait pas manquer de s’étonner qu’après deux mois de grève aucune médiation n’ait été enclenchée.
Le communiqué de la direction du CHR a eu le don de chauffer les oreilles des grévistes pourtant habitués à l’indifférence. « Du coup, en début d’après-midi, 80 agents sont allés faire un peu de bruit dans les locaux de la direction qui était déjà partie, nous ont dit les secrétaires. »

Après une réunion infructueuse mercredi soir, la direction a détaillé, jeudi soir, dans un copieux communiqué de presse, les mesures mises en place pour améliorer l’accueil des patients et les conditions de travail. « Mais pas un mot sur les personnes qui mettent leur vie en jeu. À la surdité, il faut ajouter l’aveuglement », tranche un militant. « Et pourtant ce matin (NDLR vendredi), un de nos collègues a été évacué en ambulance par le Samu avant de reprendre la grève de la faim. »
Pour résumer, la direction affirme poursuivre les actions entreprises en avril 2018 et que le dialogue social continue... Sur la suroccupation des lits, elle rappelle « un ensemble d’actions pour résorber le phénomène : remplacement de cinq contractuels affectés au pool de remplacement et redéploiement, dispositif de gestion de crise, nouveau mode de sortie des patients, plages de consultation d’urgence dans quelques CMP (centres médico-psychologiques) pour faciliter les sorties et un suivi ambulatoire ».

Le communiqué affirme que « 503 sorties ont été réalisées en avril 2018, un nombre très nettement supérieur aux sorties réalisées en avril 2017 (417), soit une progression de 20,6 % ». La direction balaye l’argument de la suroccupation : « Le taux d’occupation des lits en avril 2018 est ainsi de 97,9 %, c’est-à-dire le taux d’occupation le plus faible jamais enregistré. Il n’y a donc plus de suroccupation dans l’établissement depuis la mise en œuvre de ces mesures ».

Chiffres contre chiffres, l’intersyndicale réplique : « Le Rouvray, 3e établissement public de santé mentale de France par son volume d’activité ne se situe qu’à la 20e place au niveau des moyens humains et financiers alloués. Notre région est sous-dotée. Et même s’il est possible de trouver encore plus pauvre que le Rouvray, nous sommes quand même en sous-effectif ». Le taux d’occupation des lits, passé sous la barre des 100 %, ne rassure pas les grévistes : « Faire sortir prématurément les patients, juste pour faire baisser le taux, est-ce digne d’un hôpital public ? ».
Mais surtout ils n’en démordent pas : « Sans la création rapide d’une unité pour adolescents et d’une autre pour les détenus, le beau chiffre va repartir à la hausse ».
Ils rappellent la réalité du jour : « Ce vendredi, 40 jeunes sont hospitalisés ici, dont 30 dans une unité pour adultes, parfois en chambre double, ou triple. Cette situation est insupportable ! »

À la veille du week-end, aucune rencontre n’est prévue avec la direction ou l’autorité de tutelle. L’intersyndicale sera présente ce samedi après-midi dans la grande marée populaire à Rouen (14 h 30, cours Clemenceau), et dimanche sur les marchés avant un café solidaire à 17 h sur le parvis de l’administration. La visite annoncée mardi 29 mai de Benoît Hamon (président du mouvement Génération•s) est attendue pour remonter le moral des troupes. Il ne devrait pas manquer de s’étonner qu’après deux mois de grève aucune médiation n’ait été enclenchée.

Sophie BOGATAY