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Parti du Travail (Belgique) - La ministre De Block menace la médecine gratuite de première ligne

il y a 5 mois, par Info santé sécu social

Dans le cadre de l’attaque du gouvernement Michel contre les soins de santé, c’est désormais au tour des soins de première ligne (entre autres). Pour 2017, le gouvernement prévoit un moratoire sur la reconnaissance des nouvelles maisons médicales. « Ces centres répondent à une demande de soins de santé de première ligne de qualité et accessibles », réagit Sofie Merckx, porte-parole de Médecine pour le Peuple.

Médecine pour le Peuple, ce sont 11 maisons médicales et 25 000 patients inscrits à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. À l’instar de nombreuses maisons médicales, nos 11 maisons médicales proposent des soins de première ligne gratuits à leurs patients.

« Entre 2005 et 2015, le nombre de maisons médicales en Belgique est passé de 67 à 150, le nombre de patients, lui, est passé de 140 000 à plus de 336 000. Ces centres répondent à une demande de soins de santé de première ligne de qualité et accessibles. En outre, en Wallonie, un habitant sur cinq a dû postposer les soins chez un généraliste, affirme une étude de Solidaris en 2013. Les maisons médicales au forfait, mais aussi la généralisation et la promotion de ce modèle, gratuit pour le patient, constituent une des réponses à ce problème », explique le Dr Sofie Merckx, généraliste et porte-parole de Médecine pour le Peuple.

La demande de nouvelles maisons médicales est énorme. De nombreuses maisons médicales ne peuvent plus assumer cet afflux de patients. De nouveaux centres de soins de proximité sont absolument nécessaires, et nous le remarquons chaque jour. Avec le moratoire sur la reconnaissance, Maggie De Block prive de l’accès gratuit aux soins de santé un groupe important de la société : depuis les personnes vulnérables sur le plan social jusqu’aux ménages à deux salaires qui optent sciemment pour le modèle d’une médecine gratuite et de qualité.

Le gouvernement entend également économiser 7 millions sur le budget des maisons médicales. Avec un budget annuel de 138 millions, cela représente 5 % des rentrées. Cela risque de compromettre les soins actuels de nos patients.

« Une étude comparative du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) entre les patients soignés dans ces centres et les soins proposés par les généralistes classiques a révélé que les coûts pour la communauté étaient équivalent par patient suivi dans les deux systèmes. Mais, pour le patient, le coût était toutefois plus modique. Le patient ne paie pas de ticket modérateur et les médecins prescrivent souvent des médicaments meilleurs marchés. En outre, cette étude montrait que les généralistes des centres de soins de proximité pratiquaient mieux la prévention et appliquaient mieux les directives, par exemple, en ce qui concerne la prescription des antibiotiques. Nous espérerions de la ministre de la Santé publique un encouragement à pratiquer ce genre de politique », déclare le Dr Sofie Merckx.

Il est incompréhensible que dans un pays qui connait une pénurie de généralistes, on impose un moratoire sur la reconnaissance des maisons médicales. Nos centres sont un exemple de collaboration multidisciplinaire qui constitue également pour les futurs étudiants un pôle d’attraction en vue d’opter pour la médecine générale. Les médecins qui travaillent dans les centres de santé le font au départ par vocation et souvent aussi selon des considérations sociales et sociétales. Ils choisissent de travailler en première ligne, dans des conditions qui ne sont pas toujours très faciles, et ce pour un salaire souvent 10 fois inférieur à celui de certains spécialistes. « Ici aussi, notre ministre choisit manifestement son camp. Au lieu de s’attaquer aux problèmes des salaires faramineux de certains spécialistes, elle préfère pratiquer des économies linéaires sur le dos de tous les médecins et, par-dessus le marché, elle vise spécifiquement les médecins qui ont une fibre sociale », conclut la doctoresse Sofie Merckx

Cette attaque contre les soins de première ligne, de même que les économies annoncées dans les hôpitaux et sur les antibiotiques, met en danger le droit à la santé de nos patients. En compagnie de tous nos collègues des maisons médicales, des hôpitaux et de tous nos patients, Médecine pour le Peuple s’opposera aux plans de l’actuel gouvernement.