Environnement et facteurs dégradant la santé

Pourquoi Docteur - Etude CNRS Insectes envahissants : un coût de 6 milliards pour la santé

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

Les insectes ne se content pas de nous piquer, de nous effrayer et de propager les maladies les plus meurtrières. Ils ont aussi l’art et la manière de nous ruiner. Une étude du CNRS publiée dans la revue Nature évalue le coût économique lié à l’activité des insectes envahissants. Autant le dire : la facture est salée.

69 milliards de dollars

Chaque année, ces nuisibles causent à l’échelle mondiale au moins 69 milliards d’euros de dégâts – et encore, le chiffre est « largement sous-estimé », précisent les auteurs. Il faut dire que pour ce faire, les insectes disposent d’importants effectifs, avec quelques 2,5 millions d’espèces recensées… et d’une imagination débordante.

En effet, les dégâts en question sont de nature multiple. Anéantissement des cultures et des réserves, destruction des infrastructures, dévastation des forêts, perturbation des écosystèmes, mise à mal des biens et des services agricoles, sanitaires… L’activité des insectes envahissants (proliférant hors de leur milieu naturel) s’avère particulièrement néfaste.

Termite et teigne

Le plus destructeur d’entre tous, c’est le termite de Formose (Coptotermes formosanus), cette adorable bestiole d’apparence translucide, importée du Japon par les GI’s à la fin de la deuxième Guerre Mondiale. L’espère prolifère sur le territoire américain, s’attaque aux maisons en bois et provoque l’effondrement des bâtiments, pour un coût mondial évalué à 26,7 milliards d’euros.

Une autre espèce, issue des papillons, lui dispute la première place sur le podium : la teigne des choux (Plutella xylostella). Ne vous laissez pas séduire par son appellation romantique et son allure longiligne. Ce nuisible aura vite fait d’engloutir vos récoltes de choux. Coût mondial : 4,1 milliards d’euros par an – mais là aussi, les chiffres sous-estiment le phénomène, faute de données disponibles.

« Les insectes dans leur ensemble pèsent particulièrement sur l’agriculture en consommant 40 % des biens de consommation (l’équivalent de ce qui pourrait nourrir un milliard d’êtres humains) », notent les auteurs.

6,1 milliards pour la santé

La santé, quant à elle, n’est pas en reste. Le secteur doit s’amputer d’un budget de 6,1 milliards d’euros à cause des maladies attribuables aux insectes envahissants. Ainsi, la dengue apparaît comme la maladie la plus coûteuse (84 % des dépenses). Le virus du Nil occidental en représente 15 %. Le paludisme n’a pas été comptabilisé, étant donné que sa prévalence est liée à un moustique qui officie dans des zones où il est naturellement présent, tout comme le virus Zika.

« Une plus grande vigilance et la mise en place de procédures de réponse à une invasion biologique permettraient de faire économiser à la société des dizaines de milliards d’euros, écrivent les auteurs. Ces mesures de prévention pourraient diviser au moins par dix les coûts des maladies provoquées par les moustiques ». Et ce, d’autant plus que le réchauffement climatique et l’internationalisation des échanges permettront aux insectes envahissants de coloniser de nouveaux territoires.