Environnement et facteurs dégradant la santé

Pourquoi docteur - Exposition cumulative. Cancer : la pollution augmente de 10 % le nombre de cas

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

par Anne-Laure Lebrun

Une mauvaise qualité environnementale fait le lit de nombreux cancers, en particulier le cancer du sein et de la prostate.

Particules fines, diesel, ozone, polluants chimiques… Tout au long de notre vie, nous inhalons ou ingérons ces différentes substances chimiques cancérigènes. Une exposition cumulative à différents polluants augmenterait de 10 % l’incidence des cancers, rapporte une étude publiée dans Cancer.

Les chercheurs de l’université de l’Illinois (Etats-Unis) ont étudié les registres des cancers de 2 700 comtés américains. En moyenne, 451 cas de cancer pour 100 000 habitants ont été enregistrés entre 2006 et 2010.

Mais en regardant de près les relevés de pollution de l’air et les autres mesures de qualité environnementale (eau, sol), les scientifiques se sont aperçus que dans les comtés les plus pollués, 39 cas de cancer supplémentaires étaient recensés.
Une différence équivalente à un risque accru de10 % d’être touché par une tumeur cancéreuse. Cette hausse était observée aussi bien chez les hommes que chez les femmes. En revanche, les auteurs ont noté une incidence plus forte des cancers de la prostate et du sein.

L’impact d’une pollution cumulative

Si les chercheurs n’ont pas encore d’explication à ces augmentations, ils suggèrent que les polluants environnementaux interfèrent dans de nombreux mécanismes biologiques, dont la production d’hormones et participent à l’inflammation des tissus et peuvent également provoquer des mutations dans l’ADN.

« Notre étude est la première à mesurer l’impact d’une exposition cumulative à des polluants environnementaux sur l’incidence du cancer, a soulevé le Dr Jyotsna Jagai, responsable de l’étude. Ce travail supporte le fait que tous ces facteurs affectent notre santé et soulignent l’importance d’améliorer la qualité environnemental pour protéger notre santé ».

Des recherches remises en cause

Dans un éditorial accompagnant l’étude, des scientifiques de l’Institut de prévention du cancer de Californie (Etats-Unis) expliquent que ces études sont « fondamentales pour identifier les communautés les plus vulnérables face au cancer, et pour déterminer géographiquement les facteurs qui mènent à ces inégalités ».

Une recherche mise en péril aux Etats-Unis en raison de l’adoption récente de lois interdisant la collecte de données sur les inégalités géographiques, sociales et ethniques. L’administration de Donald Trump a également fait voter un texte intitulé "Mettre fin à l’Agence de protection de l’environnement". Celui-ci prévoit la fermeture de l’agence pour le 31 décembre 2018. Or pour les chercheurs, cette institution est une source de données essentielles à la recherche sur l’environnement et son impact sur la santé des populations.