L’industrie pharmaceutique

Pourquoi docteurs ? - PACA : la pénurie d’antivenins de vipère recommence

il y a 3 mois, par Info santé sécu social

Avec l’été qui arrive, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) va devoir affronter une situation délicate. Elle risque en effet de faire face à une pénurie d’antivenins contre les morsures de vipère. « Il n’y a plus beaucoup d’antivenin, les lots qui restent risquent de ne pas suffire pour tout Paca. Il va falloir gérer des retards de traitement des personnes mordues », a déploré le Dr Audrey Boulamery, du centre antipoison de Marseille, dans une déclaration faite à l’AFP.

Selon le Dr Boulamery, cette pénurie serait due à l’interruption de la production de Viperfav, unique sérum antivenin produit en France, par son fabriquant Sanofi. Le laboratoire pharmaceutique a en effet changé son procédé de fabrication et la nouvelle version du sérum ne sera pas disponible avant 2019. Sanofi a indiqué sur son site web que la date de péremption des unités disponibles a été prolongé en septembre. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), elle, annonce une rupture de stock depuis le 19 mai. La région PACA espère pouvoir compter sur la solidarité des autres régions pour les fournir en antivenin.

Un scénario similaire à celui de 2016

Ce scénario n’est cependant pas inédit puisque l’année dernière à la même période, des pénuries d’antivenin de vipères avaient déjà signalées.

En 2016, un rapport de l’Anses a relayé des tensions dans les stocks de l’antidote Viperfav, signalées par l’ANSM. Ces pénuries ont été provoquées par une recrudescence des morsures de vipères dans plusieurs parties de la France. Les régions les plus touchées étaient, dans l’ordre, le Centre Val-de-Loire, l’Aquitaine Limousin Poitou-Charentes et le Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées.

Durant l’alerte de l’été 2016, Sanofi a demandé de limiter la distribution du stock de Viperfay aux dépannages d’urgence, notamment aux dépannages inter-centres hospitaliers.

Environ 1 morsure sur 2 est venimeuse

En France métropolitaine, la vipère demeure le seul reptile venimeux en liberté. Ses morsures sont cependant loin d’être rares puisqu’elles concerneraient environ un millier de personnes chaque année, selon la revue Maxi Sciences.

Les morsures de vipères ne se révèlent venimeuses qu’une fois sur deux, et son taux de gravité varie en fonction de la quantité de venin injectée dans l’organisme. Dans tous les cas, il est préférable d’allonger la victime, d’éviter tout utilisation de dispositif type aspivenin et d’appeler les secours sans tarder.