L’industrie pharmaceutique

Revue Prescrire : Pour mieux soigner : savoir dire "non merci"

il y a 2 mois, par infosecusanté

Pour mieux soigner : savoir dire "non merci"

Savoir dire "non merci" est décisif pour un professionnel de santé : non merci aux cadeaux des firmes, comme aux médicaments plus dangereux qu’utiles que proposent les firmes.

Quelques petits amuse-gueules ou un petit buffet à l’occasion d’une rencontre entre soignants à propos des relations ville-hôpital ? à l‘occasion d’une réunion de service, d’une séance de formation à l‘officine, ou d’une réunion de l’équipe de la maison de santé ? Oui, pourquoi pas, ça peut être commode, convivial et plutôt agréable, alors que la journée de travail est bien remplie.

Mais non, merci, pas quand c’est une firme qui paye, histoire d’entretenir des liens avec les soignants. C‘est comme ça qu’on se fait influencer de façon insidieuse, au lieu de s’informer valablement sur les traitements. Alors qu’en fait, on peut manger et boire à ses propres frais, sans se priver de rien. Et en osant dire tout simplement "non merci" aux firmes pharmaceutiques et à leurs relais.

Pour les soignants, prendre cette habitude n’est pas toujours facile, mais ensuite on s’en porte très bien. Savoir dire "non merci" aux sources d’influences, c’est décisif pour s’informer et se former en donnant la priorité à l’intérêt des patients.

C‘est décisif aussi au moment de choisir un médicament. En particulier quand il s’agit d’un médicament plus dangereux qu’utile, qui fait prendre au patient des risques disproportionnés. On trouve des dizaines de médicaments de ce genre sur le marché. Les soignants ont intérêt à dire "non merci, on ne commence pas de traitement avec ce médicament trop dangereux, il y a de meilleures solutions". S’engager à dire aussi, arguments à l’appui, "non merci, on arrête ce traitement trop dangereux", avant que les ennuis sérieux arrivent. Avant de se retrouver en mauvaise posture, en quelque sorte complice de fait, un jour ou l’autre, en cas d’événements fâcheux pour tel ou tel patient victime du médicament.

Savoir dire "non merci", c’est décisif pour faire son métier de professionnel de santé.

©Prescrire 1er février 2017