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legénéraliste.fr - Arrêts maladie : face à la pression des caisses, MG France menace de nouvelles actions

il y a 3 semaines, par Info santé sécu social

Le renforcement des contrôles des caisses sur les prescripteurs d’IJ exaspère MG France. Le syndicat de généralistes fustige vendredi les "méthodes" de l’Assurance maladie pour contrôler les prescriptions d’arrêts de travail.

Selon le syndicat de Claude Leicher, les généralistes "sont la cible d’un harcèlement croissant de la part de l’Assurance maladie", observant une multiplication "depuis des mois" des procédures de contrôle en régions. Rien qu’en "Rhône-Alpes", par exemple, "1.200 médecins sur 5.000 ont reçu un courrier" questionnant leurs pratiques, explique ainsi le président du syndicat, défendant des médecins "épuisés" et "déstabilisés".

Selon MG France, l’Assurance maladie ne s’intéresse "ni aux motifs" justifiant les arrêts, ni même au fait que les arrêts de longue durée (cancer, dépression sévère) sont "parfois déjà validés" par les médecins-conseil. "Seul le nombre total de jours d’arrêts prescrits par le médecin" est pris en compte, "dès lors qu’il déroge à des moyennes statistiques", dénonce le syndicat, soulignant ses effets pervers, qui pourraient inciter les praticiens à renvoyer leurs patients les plus lourds vers des confrères pour alléger leurs chiffres...

Pour MG, les pouvoirs publics doivent choisir : soit ils délivrent les médecins de "cette pression injuste", soit ils décident de confier la prescription d’arrêts de travail aux médecins-conseil des caisses. Et le syndicat de menacer de nouvelles consignes syndicales : "En l’absence de décision formelle, MG France proposera aux médecins de se protéger en demandant systématiquement au médecin-conseil d’examiner chaque patient dès lors que la durée d’un arrêt excède une semaine".

100 millions d’économies prévues en 2018

La cnamts a renforcé depuis 2015 "l’accompagnement" des médecins prescrivant beaucoup d’arrêts par rapport à leurs confères locaux, via des entretiens avec les médecins-conseil. 16.600 généralistes ont ainsi été concernés par cet encadrement. "Ce mode d’accompagnement a démontré un impact positif sur la prescription des arrêts de travail. Dans les trois mois qui suivent l’entretien, la part de leurs prescriptions d’arrêts de travail à des patients actifs diminue sensiblement ainsi que le nombre moyen de jours prescrits," rapporte le récent rapport pour charges et produits de l’Assurance maladie.

Au-delà, "les médecins les plus atypiques en termes de prescriptions d’arrêts de travail sont ciblés chaque année", admet la cnamts, selon laquelle un entretien préalable systématique de sensibilisation est alors proposé avec, dit-elle, "un impact globalement positif avec une baisse des prescriptions d’arrêts de travail de plus de 20 % pour plus de la moitié de ces médecins". Les procédures de mise sous objectif, voire de mise sous accord préalable ne concerneraient ensuite qu’environ 500 praticiens en 2015, selon elle.

Dans son rapport pour charges et produits pour 2018, la cnamts fait de la diminution des IJ un nouvel objectif pour l’an prochain, avec un objectif d’économies supplémentaires de 100 millions d’euros sur les IJ en 2018.