Luttes et mobilisations

Communiqué Inter Urgences : Sur le passage d’Agnès Buzyn à l’antenne

il y a 2 mois, par infosecusanté

Sur le passage d’Agnès Buzyn à l’antenne

L’intervention de la ministre de la santé sur RMC ce matin semble bien légère et décevante à la fin d’un été particulièrement pénible dans les services d’urgences et après plusieurs mois de grève touchant 217 services sur toute la France. Si l’on note une propension à la culpabilisation des patients en évoquant notamment leur « besoin d’immédiateté », aucune annonce concrète n’est avancée pour améliorer leurs conditions d’accueil et de soins.

Selon madame Buzyn « le problème n’est pas de créer des postes, c’est d’avoir des professionnels » en citant l’exemple de l’hôpital de Metz où, selon ses dires, 100 postes seraient à pourvoir. Elle omet de préciser que cet hôpital se trouve à une heure de route du Luxembourg, pays européen où les prétentions salariales des personnels paramédicaux sont largement supérieures. Si le gouvernement estime que nos revendications n’ont « pas de sens » il semble ici en faire la triste illustration. C’est encore et toujours le même constat dénoncé par le personnel en grève depuis 5 mois maintenant : il y a urgence à rendre les services français attractifs en permettant de meilleures conditions d’accueil et de travail !

De plus, la proposition de « centrale d’appel » et de téléconsultation entraîne un changement de paradigme et nécessite donc un temps pour sa mise place, toujours en décalage avec l’urgence dénoncée par les professionnels de terrain. Par ailleurs, cela pose la question de son efficience dans la situation actuelle sans effort particulier pour améliorer l’accès au soin de nos patients. En effet dans un contexte de carences en médecine de ville et de déserts médicaux il nous parait assez insensé de croire que la médecine de ville puisse absorber ces demandes.

Sur les protocoles de coopération, rappelons que ces derniers ont pour objectif de libérer du temps médical tandis que les effectifs soignants ne sont pas réévalués.
Quand Mme Buzyn annonce nous revoir à la rentrée il convient de rectifier les faits : nous n’avons jamais été reçu dans le cadre de négociations ou de discussions constructives.

Enfin, et nos collègues des services d’hospitalisation apprécieront, aucun élément n’a été apporté par la ministre pour améliorer la question centrale du manque de lits au sein de nos hôpitaux.

Cette intervention laisse à penser que les discussions en cours sur le budget hospitalier seront toutes aussi décevantes et nécessiteront la mobilisation de tous.

Le Collectif Inter Urgences.