L’Anticapitaliste Revue mensuelle du NPA

L’Anticapitaliste hebdo : Imposer des mesures sanitaires d’urgence

il y a 1 mois, par infosecusanté

L’Anticapitaliste hebdo : Imposer des mesures sanitaires d’urgence

PAR Jean-Claude Delavigne

2 avril 2020

À l’étape actuelle, la réponse sanitaire la plus immédiate consiste à étaler le « pic » de la pandémie afin d’éviter la saturation complète du système de soins.

Arrêt de toutes les productions et activités non indispensables
Pour que le confinement soit efficace et qu’il soit de la plus courte durée possible, il doit être généralisé. Or le pouvoir tient un double discours : confinement coercitif et punitif d’une part, mais « en même temps » poursuite de l’activité économique, même au prix de la santé des salariéEs et de la population.
▸ Toutes les activités qui ne sont pas indispensables immédiatement doivent être arrêtées ;
▸ En cas de refus des employeurs ou de l’État, les représentantEs des salariéEs doivent pouvoir imposer leur veto et les salariéEs faire jouer leur droit de retrait.

Effectifs, protections, matériel, médicaments : tous les moyens à disposition de l’hôpital et de l’urgence sanitaire
Dans plusieurs régions (Grand Est, Île-de-France) le système de santé est à saturation et des évacuations doivent être faites vers d’autres régions ou pays pour l’instant moins touchés. L’épidémie fait des dizaines de morts dans les EHPAD.
On ne rattrapera pas en quelques jours des années de restrictions et d’impréparation du système de santé, mais tous les moyens existants doivent être mis à la disposition de la lutte contre l’épidémie, tout en continuant de soigner les autres patientEs qui en ont besoin.

▸ Tous les effectifs disponibles doivent être mis à disposition en fonction des besoins :
• L’appel lancé aux bénévoles et à la « réserve sanitaire » est insuffisant ; Les hôpitaux doivent être autorisés à recruter sans limite, sur des postes pérennes, avec des financements pérennes ;
• Les personnels hospitaliers, des EHPAD et touTEs les soignantEs doivent disposer des protections nécessaires à leur santé et à celles des patientEs : masques, surblouses, lunettes, gel, etc. En cas d’exposition inacceptable sans protection suffisante, les personnels sont habilités à faire jouer leur droit de retrait ;
• Les CHSCT des hôpitaux et les CESE dans le privé doivent se réunir régulièrement et vérifier les conditions de travail et s’opposer à toute mise en danger des personnel et des usagerEs ;
• Les personnels soignants doivent être testés et celles et ceux susceptibles d’avoir été contaminés doivent être confinés et rémunérés intégralement, et ne doivent pas être remis au travail au bout de quelques jours sans certitude qu’ils et elles ne sont plus contagieux.

▸ Réquisition de toutes les entreprises susceptibles de réorienter leur activité pour produire les matériels indispensables aux soins (masques, respirateurs), et de l’industrie pharmaceutique, avec un contrôle exercé par les utilisateurEs et les producteurEs sur ce qui est produit, sa qualité et les conditions de sa production :
• Dès aujourd’hui l’ensemble de l’industrie pharmaceutique doit être réquisitionnée et placée sous contrôle public pour assurer et livrer les médicaments nécessaires et préparer pour demain la production des traitements et vaccins ;
• L’ensemble de la recherche doit être placée sous contrôle public.

Protection des salariéEs restant en activité
L’ensemble des salariéEs contraints de travailler pour assurer les activités indispensables doivent bénéficier des protections nécessaires. Masques, gel et dispositifs de protection doivent leur être fournis. Faute de quoi ils et elles sont pleinement habilités à faire jouer leur droit de retrait.

Protection des populations les plus vulnérables
Les « oubliéEs » de la société en temps habituel le sont encore plus en temps d’épidémie. Personnes âgées et isolées, handicapéEs et personnes souffrant de troubles psychiques, migrantEs, sans domicile sont les plus exposés à la maladie et les moins susceptibles d’accéder aux soins et de satisfaire les besoins les plus fondamentaux. La faim réapparait, l’aide des associations caritatives devient très difficile et est souvent interrompue.
Il faut :
▸ L’organisation de l’accès à l’alimentation pour touTEs ;
▸ L’accès à l’eau, et à l’eau potable, pour touTEs ;
▸ La réquisition des logements permettant l’hébergement et le confinement de toutes celles et ceux qui en ont besoin, la possibilité d’héberger et de soigner les personnes atteintes du Covid-19 et non hospitalisées ;
▸ L’accès gratuit pour touTEs à toutes les structures de soins ;
▸ L’abrogation du décret sur les demandeurEs d’asile ;
▸ La protection et l’hébergement des femmes subissant des violences.