L’aide sociale

Le Figaro - Et si le RSA, les allocations familiales ou les aides au logement augmentaient de 5%

il y a 5 mois, par Info santé sécu social

Par Marie Visot Publié le 02/04/2019

L’Insee se livre ce mardi à un petit exercice d’économie-fiction. L’institut national de la statistique s’est penché sur les effets en matière de niveau de vie et d’inégalités que pourrait avoir une variation de 5% de certaines prestations sociales et prélèvements directs.

L’étude montre ainsi qu’une hausse de 5 % du montant forfaitaire du RSA (soit 27 euros de plus par mois sur un montant de 539 euros mensuels en moyenne sur 2017) diminuerait le taux de pauvreté de 0,2 point. De fait, elle augmenterait le niveau de vie moyen des personnes initialement bénéficiaires du RSA de 1,2 %. « Pour les bénéficiaires appartenant aux 10 % les plus modestes de l’ensemble de la population, la hausse du niveau de vie atteindrait en moyenne 2,8 %», note l’étude. Cette hausse du RSA rendrait aussi éligibles 135.000 nouveaux ménages à la prestation. L’Insee n’oublie pas de rappeler qu’une telle mesure cela coûterait quand même 825 millions d’euros aux finances publiques (l’équivalent du gain de revenu disponible pour les ménages).

Un accroissement de 5 % de la base de calcul des allocations familiales (20 euros de plus par mois) augmenterait également le niveau de vie moyen des bénéficiaires de prestations familiales, de 0,3 %. Il diminuerait ainsi le taux de pauvreté de 0,2 point. L’Insee cite en exemple le cas d’un couple aux revenus modestes avec deux enfants de moins de 14 ans, dont les allocations familiales augmenteraient de 7 euros par mois et l’allocation de rentrée scolaire de 28 euros (pour un enfant de 6 à 10 ans) . « Cette hausse n’aurait pas d’effet sur les effectifs de bénéficiaires, mais accroîtrait le revenu disponible total des ménages de 818 millions d’euros », selon l’Insee. Et coûterait donc autant aux caisses de l’État.

Une hausse de 5 % du barème des aides au logement diminuerait le taux de pauvreté de 0,2 point. Cela augmenterait de 781 millions d’euros le revenu disponible total des ménages. Le niveau de vie des personnes initialement bénéficiaires de ces aides progresserait en moyenne de 0,7 %. « La hausse serait plus forte dans le bas de l’échelle des niveaux de vie », précise l’Insee. À la suite de cette hausse, 127.000 ménages supplémentaires bénéficieraient de ces aides, soit une hausse de 2,2 %.

Enfin, une progression de 5 % des tranches de l’impôt sur le revenu augmenterait le revenu disponible total des ménages de près de 5 milliards d’euros -et réduirait d’autant les recettes fiscales de l’État. « Plus d’un million de ménages initialement assujettis en seraient exonérés », indique l’Insee. Le niveau de vie des ménages initialement assujettis à l’impôt sur le revenu augmenterait en moyenne de 0,7 %. « Une telle hausse des tranches de l’IR augmenterait néanmoins le seuil de pauvreté de 0,4 % (du fait de l’augmentation du niveau de vie médian de 0,4 %) et en conséquence le taux de pauvreté de l’ensemble de là population de 0,2 point », conclut l’étude.