Luttes et mobilisations

Le Quotidien du médecin - Crise de l’hôpital : tour de chauffe des soignants et médecins avant la grève du 14 novembre

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

PAR SOPHIE MARTOS - PUBLIÉ LE 29/10/2019

Minute de silence, chaîne humaine dans les services, marche de protestation… En attendant la grande mobilisation des personnels hospitaliers annoncée le 14 novembre, un premier tour de chauffe symbolique s’est tenu ce mardi 29 octobre sur le territoire pour réclamer l’augmentation des moyens à l’hôpital, à quelques heures du vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2020 par les parlementaires.

À l’origine de l’appel, 14 organisations syndicales représentatives des médecins (AMUF, Actions praticiens hôpital, SNPHARe), six centrales syndicales (CGT, FO, CFDT, SUD, CFE-CGC, UNSA), trois collectifs de soignants (inter-urgences, inter-hôpitaux, collectif inter-blocs, printemps de la psychiatrie) et une organisation d’usagers (Coordination nationale) réunis ce matin pour une conférence de presse commune.

Dès midi, environ 150 médecins, internes ou encore infirmières ont démarré une marche « funèbre » du 13e arrondissement de Paris pour rejoindre le ministère de l’Economie à Bercy dans le 12e. Ils dénoncent le manque de moyens dans les différents services, la fermeture des lits ou encore le manque de personnels.

ONDAM à 5 %

« Nous souhaitons attirer l’attention sur la situation dramatique des hôpitaux. Le PLFSS doit donner des moyens d’exercer au mieux », lance Mireille Stivala, secrétaire générale de la fédération de la santé et de l’action sociale CGT, en marge du mouvement. Les 14 organisations réclament depuis plusieurs semaines l’ouverture de négociations sur les effectifs, jugés insuffisants. « Soit on ne peut pas créer de postes supplémentaires, soit il est difficile de trouver un professionnel de santé par manque d’attractivité ». L’union souhaite aussi négocier une hausse de salaire pour tous (300 euros net par mois).

Et surtout, les protestataires veulent le passage de l’ONDAM à 5 % afin de renforcer les moyens financiers des établissements. L’ONDAM hospitalier est arrêté à 2,1 % et les organisations craignent un impact négatif sur l’offre de soins, avec un gel de la masse salariale, une réduction du nombre de lits, des inégalités d’accès aux soins ou encore des retards dans la prise en charge des patients.

L’union pour faire la force

Au nom de l’AMUF, le Dr Patrick Pelloux, président de la structure urgentiste, s’est dit déçu des décisions du ministère de la Santé pour la gestion de cette crise sans précédent. « Aucune discussion n’a eu lieu, uniquement la mise en place de groupe de travail pour mettre en œuvre les 750 millions d’euros débloqués par la ministre de la Santé pour les urgences… Ces groupes ne répondent pas aux préoccupations du terrain », commente-t-il.

Début septembre, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait promis « plus de 750 millions d’euros » pour les urgences. Elle a finalement annoncé fin octobre un « plan de soutien » pour l’hôpital qui sera présenté courant novembre, avec « évidemment des moyens associés ». Emmanuel Macron a aussi promis de remettre « des moyens » pour répondre à la souffrance des personnels.

Le Dr Pelloux estime que l’union de toutes les organisations est un bon moyen pour ouvrir des négociations et de parvenir à leurs fins. Ce qui est sûr, c’est que tous comptent sur le 14 novembre. « Nous souhaitons que la mobilisation soit la plus forte avec un hôpital mort », ajoute le Dr Pelloux. « On en attend beaucoup, et on a tout ce qu’il faut pour donner suite au 14 novembre », enchérit Hugo Huon, président du collectif inter-urgences.

La gronde monte dans les services ces dernières semaines. Une grève du codage des actes hospitaliers dans plusieurs établissements parisiens est toujours en cours depuis le 10 octobre. 17 sites hospitaliers dont 14 en Ile-de-France ont arrêté de coder. 269 services d’urgences sont toujours en grève, selon le dernier décompte du collectif inter-urgences du 23 octobre.