Luttes et mobilisations

Libération - Grève générale au CHU de Guadeloupe pour dénoncer les conditions de travail

il y a 1 semaine, par Info santé sécu social

Par LIBERATION, avec AFP — 1 août 2019

Un mouvement de grève générale a débuté le 23 juillet au CHU de Pointe-à-Pitre. En cause les conditions de travail « insoutenables » du personnel qui perdurent depuis un incendie majeur en 2017.

Du personnel insuffisant, des locaux vétustes au point que les fortes pluies inondent les couloirs de l’établissement, de la moisissure au plafond et sur les murs, du matériel hors d’usage ou très détérioré. C’est le quotidien décrit par le personnel du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, paralysé par la grève depuis le 23 juillet.

Victime d’un incendie majeur le 28 novembre 2017, le CHU fonctionne depuis de façon perturbée. Plusieurs services ont été délocalisés dans des locaux transitoires inadaptés. Depuis, les conditions de travail « insoutenables » sont dénoncées par le personnel.

A l’appel d’une intersyndicale (CGTG-Union générale des travailleurs guadeloupéens), des grévistes ont fermé les grilles du CHU il y a un peu plus d’une semaine et instauré un barrage filtrant. « Tous les services sont concernés par le mouvement, principalement à l’administratif, car le personnel soignant a une obligation de service minimum », indiquait Gaby Clavier, de l’Union des travailleurs de la santé (branche de l’UGTG), assurant que le mouvement était « bien suivi ».

Le conflit a débuté le 10 juillet au service d’accueil des urgences (SAU) et à la maternité, délocalisés depuis l’incendie. Au SAU, les soignants et brancardiers protestent notamment contre l’exiguïté des locaux et le manque de moyens humains et matériels. Le mouvement prend de l’ampleur selon la chaîne de télévision locale ETV : le service du bloc opératoire, le Samu et les urgences pédiatriques ont aussi annoncé leur participation à la grève générale.

Des difficultés budgétaires importantes
Le 23 juillet, le sénateur de Guadeloupe Dominique Théophile alertait la ministre de la Santé « sur la situation catastrophique du CHU ». Avec une dette fournisseurs « qui avoisine les 49 millions d’euros », l’établissement fait face à des difficultés budgétaires importantes et « ne peut assumer dans de bonnes conditions l’approvisionnement des denrées et médicaments pour les patients ». « Une aide supplémentaire en trésorerie a été versée à l’établissement début juillet, ce qui permettra d’atteindre 48 millions d’euros d’aide pour les six premiers mois de 2019 », avait répondu Agnès Buzyn. La ministre de la Santé a aussi affirmé que « le plan de réorganisation de l’offre de soins et la situation structurelle de l’établissement devraient être stabilisés en 2020 ».

« Ce plan a fait l’objet d’un financement conséquent à hauteur de 54 millions d’euros pour la livraison d’un nouveau pôle parents-enfants en octobre 2020 » et « la réhabilitation des premiers services aux urgences d’ici la fin de l’année. Les blocs seront de nouveau opérationnels au premier semestre 2020 », a-t-elle assuré.

Radio Caraïbes International, la radio des Antilles françaises, précise que « les négociations n’ont pas encore permis de sortir la crise au CHU ». L’intersyndicale et la direction ne sont pas parvenues à trouver un accord, après quatre heures de discussions. « Ils sont restés bloqués sur les projets pour 2020 et le futur CHU en 2025. Mais nous avons posé le problème de demain. […] On ne peut pas être complice de cette situation », s’est indigné Freddy Manioc, secrétaire du syndicat CGTG-CHU, au micro de la télévision locale ETV, le 29 juillet.

LIBERATION avec AFP