Luttes et mobilisations

Ouest France .fr : Psychiatrie. Environ 300 manifestants à Paris pour des soins « plus humains »

il y a 4 mois, par infosecusanté

Psychiatrie. Environ 300 manifestants à Paris pour des soins « plus humains »

Ouest-France avec AFP

Publié le 21/03/2019 

« Non à la contention, oui à la relation », scandaient-ils notamment. Environ 300 médecins, infirmiers ou patients ont manifesté ce jeudi à Paris pour réclamer un « renouveau » de la psychiatrie, plus de moyens et des soins « plus humains ». Le cortège est parti à la mi-journée du 13e arrondissement en direction de la place de la République, parsemé de blouses blanches et de pancartes sur lesquelles on pouvait lire « désobéissance psyvile » ou « cette politique insensée nous fait perdre la tête ». Fait rare, la manifestation, bon enfant, était encadrée par une dizaine de camions de gendarmerie.

Entonnoirs vissés sur la tête pour certains, guirlandes de fleurs au cou, les manifestants s’étaient retrouvés dans la matinée pour « fleurir » la statue de Philippe Pinel, considéré comme le fondateur de la psychiatrie moderne, à l’appel de plusieurs collectifs et syndicats, dont la CGT et SUD, regroupés au sein du « Printemps de la psychiatrie ».

Manque d’effectifs

Ce mouvement vise à « inscrire dans la durée » la mobilisation née ces derniers mois dans divers hôpitaux psychiatriques comme à Amiens, Rouen ou Paris, a expliqué à l’Agence France Presse (AFP) la psychiatre Delphine Glachant, de l’Union syndicale de la psychiatrie. « On veut replacer l’humain au cœur de notre métier », a-t-elle ajouté, déplorant le recours accru à l’isolement, à la contention ou à la médication.

Nicolas Laadj, infirmier syndiqué SUD, est aussi venu « alerter sur la situation dramatique » du secteur et le manque d’effectifs, dont pâtissent les personnels comme les patients, rejetés « par la société et le système de soins » qui n’assure pas assez de « suivi au long cours ». « Les pathologies mentales ne sont pas des maladies comme les autres », a fait valoir Olivia, de l’association de patients suivis en psychiatrie Humapsy, regrettant que le « relationnel » soit délaissé au profit des « traitements ».

Fin février, Emmanuel Macron a affirmé avoir demandé « une initiative de grande ampleur » pour la psychiatrie, « un monde en grande difficulté », avec l’objectif d’apporter une réponse « à l’automne ». La ministre de la Santé Agnès Buzyn a, elle, annoncé une centaine de millions d’euros supplémentaires pour la psychiatrie et la santé mentale dès 2019. Un « saupoudrage budgétaire » pas à la hauteur des enjeux, a estimé le Dr Mathieu Bellahsen.