Luttes et mobilisations

Vosges matin - Hôpital d’Epinal : les urgences font lever le directeur en pleine nuit

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

En grève depuis plusieurs mois et n’ayant pas reçu de nouvelles assignations avant le 1er septembre, le personnel du service des urgences de l’hôpital d’Épinal a débrayé samedi à minuit, forçant le directeur à venir signer de nouvelles réquisitions.

Il était un peu passé minuit dans la nuit de samedi à dimanche lorsqu’Eric Sanzalone, le directeur des hôpitaux d’Épinal et de Remiremont, a reçu un coup de fil du docteur Henry, chef du service des urgences du CHED. Ce dernier informait le directeur que le personnel des urgences venait de décider de débrayer et ne plus assurer que les urgences vitales conformément aux textes légaux qui régissent les mouvements de grève dans la fonction publique. En effet, infirmières et aides-soignantes qui œuvrent aux urgences sont en grève depuis plusieurs mois pour obtenir de meilleures conditions de travail mais aussi des revalorisations salariales.

Or, bien qu’il soit en grève , le personnel soignant assure ses missions normalement puisqu’il est réquisitionné par son directeur. Toutefois, les assignations qui avaient cours le mois dernier, prenaient fin au 31 août à minuit c’est-à-dire samedi soir. N’ayant pas reçu de nouvelles assignations, le personnel pouvait donc stopper le travail immédiatement. Eric Sanzalone et la cadre de santé des urgences ont été avertis et réveillés en pleine nuit pour venir régler la situation administrative au plus vite alors que les patients s’accumulaient dans la salle d’attente. À 1 h 30 du matin, Eric Sanzalone et la cadre de santé des urgences sont donc venus remettre de nouvelles assignations que les infirmières et aides-soignantes ont paraphées sur un brancard au milieu d’un couloir.

Certaines revendications prises en compte
Depuis plusieurs semaines, 233 services d’urgence répartis sur le territoire français sont en grève pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail. À Épinal, les représentants syndicaux ont adressé une longue liste de revendications. Certaines ont été prises en compte telle la présence d’un agent de sécurité chaque nuit , mais aussi l’embauche d’un brancardier aux urgences 24 heures sur 24. D’autres points sont toujours en discussion tel le règlement des heures supplémentaires ou le respect des cycles de travail et de repos. Aux Urgences d’Épinal, les trois jours de repos consécutifs réglementaires sont remplacés par un jour et demi…

Philippe NICOLLE