La psychiatrie

France Inter - Mon hôpital psy va craquer

il y a 3 semaines, par Info santé sécu social

Interception
dimanche 18 novembre 2018par Philippe Bardonnaud , Vanessa Descouraux , Géraldine Hallot
Mon hôpital psy va craquer
46 minutes

Lien vers l’émission radio :
https://www.franceinter.fr/emissions/interception/interception-18-novembre-2018

A l’hôpital psychiatrique Philippe Pinel à Amiens, une partie du personnel est en grève depuis le 15 juin dernier. Les soignants dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail : trop de patients par unité, effectifs d’infirmiers et de médecins insuffisants, baisse de la qualité des soins.

Dans leur combat, les soignants de l’hôpital Philippe Pinel sont soutenus par les familles des patients.
"Dans les hôpitaux normaux, il y a deux patients par chambre" explique Abdel, le papa d’un jeune schizophrène hospitalisé depuis un an.
"Pourquoi dans les hôpitaux psychiatriques sont-ils trois ou quatre par chambre ? Parce qu’ils sont fous, vulnérables ? Cela me désole"
Pour sortir de l’impasse, les grévistes demandent l’embauche de 60 soignants et la réouverture de deux unités de soins.

La situation à l’hôpital Philippe Pinel est loin d’être un cas isolé.
Depuis un an, les grèves et protestations se multiplient dans les hôpitaux psychiatriques.
Si à Sotteville-les-Rouen (hôpital du Rouvray) et au Havre, les soignants ont obtenu des embauches, à Saint-Etienne, Dôle, Allonnes, Digne-les-Bains, Toulouse, Rennes, Nantes ou encore la Rochelle, les professionnels de la psychiatrie dénoncent dans l’indifférence quasi générale leurs conditions de travail.
Les causes sont anciennes : en 20 ans, plus de la moitié des lits disponibles en psychiatrie a fermé.

Ce n’est pas exclusivement une question d’économies, c’est aussi un choix politique et médical de privilégier la prise en charge hors de l’hôpital, en ambulatoire.
Mais les structures chargées de recevoir les patients en ambulatoire, - on les appelle les centres médicaux-psychologiques (CMP) -, sont également au bord de la rupture.
Eux aussi doivent faire face aux baisses d’effectifs et aux regroupements hasardeux.
Vanessa Descouraux a rencontré les différents acteurs de la psychiatrie publique à l’échelle d’un département la Somme.

Tous témoignent d’un secteur en crise. Et cette crise concerne tout un chacun puisqu’en France, 12 millions de personnes sont touchées par une maladie mentale. C’est un Français sur cinq.
Les troubles psychiatriques sont la première cause d’invalidité et la deuxième cause d’arrêt de travail en France.

Réalisation : Violaine Ballet, assistée d’Elise Amchin
Mixage : Lucas Vaillant
Documentation : Sabine Bonamy