L’hôpital

France Info : Covid-19 : quatre ans après, les hôpitaux français ont retrouvé "au global" leur niveau d’activité d’avant crise, mais avec "des disparités préoccupantes"

il y a 2 mois, par infosecusanté

France Info : Covid-19 : quatre ans après, les hôpitaux français ont retrouvé "au global" leur niveau d’activité d’avant crise, mais avec "des disparités préoccupantes"

La Fédération hospitalière de France souligne que si les hôpitaux ont retrouvé leur niveau d’activité "global" de 2019, ce n’est pas le cas pour certains secteurs comme la cardiologie, la rhumatologie, la greffe, ou la prise en charge des maladies digestives ou du système nerveux.

Article rédigé par Solenne Le Hen Radio France

Publié le 18/03/2024

Selon une étude de la Fédération hospitalière de France (FHF), quatre ans après la crise sanitaire du Covid-19, le niveau d’activité en 2023 a "au global, retrouvé le niveau observé en 2019". La FHF, qui présente lundi 17 mars ce premier grand baromètre santé* en partenariat avec franceinfo, souligne tout de même "des disparités préoccupantes" en fonction des services. Ainsi, par rapport aux projections faites avant le Covid-19, il y a près de trois millions et demi de séjours en moins à l’hôpital entre 2019 et fin 2023.

La FHF évoque "l’existence d’une forme de dette de santé publique, c’est-à-dire d’activité à rattraper ou de conséquences durables sur l’état de santé de la population de prises en charge intervenues avec retard". Ce déficit de séjours hospitaliers montre des disparités préoccupantes. La médecine enregistre une baisse du nombre de séjours de l’ordre de 433 000 par rapport aux prévisions.

Dans le détail, il y a eu moins de prises en charge des maladies digestives (-11%), en cardiologie (-13%), liées au système nerveux (-11%), et en rhumatologie (-12%). Baisse aussi du nombre d’endoscopies, 260 000 n’ont pas pu être réalisées. Même constat pour les chirurgies lourdes avec 600 000 de moins que prévu. Les greffes par exemple, sont en recul de 7,5% par rapport au niveau attendu en 2023. Cette situation a des conséquences sur la santé des patients. La FHF cite notamment le "retard pris sur la détection de certains cancers" ou la "prise en charge insuffisante pour les diabétiques de plus de 35 ans".

Le recrutement de soignants à la peine
Deux explications sont avancées pour ce sous-recours de passage à l’hôpital. En premier, le renoncement aux soins ou la hausse des retards de prise en charge. "Entre difficulté d’accès aux soins et difficultés économiques, plus de six Français sur dix ont déjà renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années", avance la Fédération hospitalière de France. Pour 50% d’entre eux, ils ont renoncé car l’attente pour un rendez-vous était trop longue et pour plus de 40% c’est à cause de difficultés financières.

Autre piste d’explication, les tensions que connaît l’hôpital public avec les fermetures de lits ponctuelles. En 2023, 70% des établissements hospitaliers qui ont participé à l’étude ont fermé des lits en médecine, 29% en chirurgie, 25% en soins critiques et 17% aux urgences. Au global, 60% des lits fermés le sont parce que les hôpitaux ne parviennent pas à recruter suffisamment de soignants. Depuis 2020, certaines pratiques médicales ont aussi changé. Pour des interventions où il fallait parfois être hospitalisé un ou plusieurs jours, désormais les patients rentrent chez eux le soir même.