Assistance Publique des Hopitaux de Paris (AP-HP)

France info : Hôpital Lariboisière : "On ne peut pas débiter du malade comme on fait sur une chaîne de production"

il y a 3 semaines, par infosecusanté

Hôpital Lariboisière : "On ne peut pas débiter du malade comme on fait sur une chaîne de production"

"Le service [des urgences] est en surchauffe permanente. Les syndicats alertent en permanence en disant qu’il va y avoir un drame, malheureusement c’est ce drame-là et je crains que ce ne soit ni le premier ni le dernier", a réagi mercredi 19 décembre sur franceinfo le médecin urgentiste Gérald Kierzek, après la mort d’une patiente à l’hôpital Lariboisière à Paris.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête après le décès inexpliqué de cette femme retrouvée morte mardi matin, presque 12 heures après son admission aux urgences de l’hôpital Lariboisière.

"Moi, je voudrais avoir une pensée pour la famille et pour les équipes. Pour la famille, parce que c’est terrible d’arriver aux urgences et d’apprendre qu’une dizaine d’heures après la patiente a été retrouvée [morte]. Et puis, pour les équipes que j’ai eues tout à l’heure au téléphone, qui sont là aussi dans une situation terrible parce que ça fait des mois et des mois que ce service est en surcharge", a expliqué Gérald Kierzek.

Les urgences fonctionnent "au double de leur capacité"

"On sait que ce service de Lariboisière est un des plus gros services d’urgences, qui a été construit en 1997 pour 120 malades par jour, et ils sont à plus de 300 malades par jour, donc les équipes font ce qu’elles peuvent, avec ce qu’elles ont en terme de moyens, c’est-à-dire pas grand chose", dénonce Gérald Kierzk. Selon lui, ce "n’est c’est pas faute d’avoir alerté la direction générale [de l’AP-HP]. On ne peut pas débiter du malade comme on fait sur une chaîne de production, et c’est ce qu’on nous demande de faire en ce moment", a-t-il ajouté.

Gérald Kierzek en appelle à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé : "Il ne faudrait pas que la responsabilité retombe sur les infirmiers, les infirmières et les médecins". Selon lui, "il faut à tout prix que la ministre [de la Santé] comprenne qu’on ne peut plus faire des usines à malades. Il faut revenir à une taille humaine, de façon à ne plus oublier des malades sur des brancards".