Le droit à la santé, à la vie et à la mort dans la dignité

JIM - Le cas d’Alain Cocq, atteint d’une maladie incurable, relance le débat sur les limites de la loi Leonetti

il y a 2 semaines, par Info santé sécu social

le 04/09/2020

Paris, le vendredi 4 septembre 2020

Ce vendredi, en fin de journée, Alain Cocq cessera tout traitement et toute alimentation. Ce dijonnais de 57 ans est atteint d’une maladie incurable et orpheline (qui n’a pas de nom) à l’origine d’ischémies multiples, qui aujourd’hui le paralysent et provoquent des douleurs difficilement supportables.

Il souhaiterait pouvoir avoir recours à la « sédation profonde et continue », possibilité qui n’est actuellement permise par la loi Leonetti que lorsque le pronostic à très court terme est engagé.

Ce militant de longue date, ancien militant du parti socialiste et « gilet jaune » a vu son état de santé se dégrader au cours des dernières années. Interrogé par FranceInfo, il raconte : « mes intestins et ma vessie se vident dans une poche. Je ne peux pas m’alimenter alors je suis gavé comme une oie, avec un tuyau dans l’estomac ».

Dans un geste personnel et politique, Alain Cocq a adressé le 20 juillet dernier une lettre au Président de la République, afin de lui demander de « l’aider à partir en paix » en autorisant un médecin à lui prescrire un puissant sédatif.
Que peut faire un président ?
L’Elysée a étudié en détail le cas particulier d’Alain Cocq. Le 25 août, il a notamment obtenu un rendez-vous avec la conseillère à la santé de la présidence, Anne-Marie Armanteras de Saxce. Le président lui-même a pris la plume pour se prononcer sur ce sujet sensible. Cependant, le 3 septembre, Emmanuel Macron a rappelé qu’il n’était pas en mesure d’accéder à sa demande « car il n’était pas au-dessus des lois ».

Toutefois, dans un souci de compassion, le chef de l’État a ajouté qu’il entendait les démarches personnelles accomplies « celles qui consistent à refuser tout acharnement thérapeutique. (…) Avec émotion, je respecte votre démarche. » Une réponse similaire à celle qui évoquait en mai 2019 le cas de Vincent Lambert.

Conformément à la Constitution, le Président ne dispose (heureusement) d’aucune prérogative lui permettant d’accéder à une telle requête.
Un arrêt des traitements programmés
Pour « montrer aux Français ce qu’est l’agonie obligée par la loi Leonetti », Alain Cocq a annoncé qu’il diffusera sa fin de vie en direct sur sa page Facebook. Sa chronique doit commencer dès samedi matin, au réveil, pour une durée qu’il estime de « quatre, cinq jours ».

En menant ce combat, Alain Cocq souhaite attirer l’attention du public sur les limites de la Loi Leonetti qui n’offre aucune possibilité aux patients atteint de souffrances lourdes dont le pronostic vital n’est pas nécessairement engagé à court terme.

C.H.