Les professionnels de santé

JIM - Pour les médecins libéraux, un « autre Ségur » est nécessaire

il y a 4 jours, par Info santé sécu social

Paris, le lundi 27 juillet 2020

Les syndicats de médecins libéraux sont amers et estiment que le Ségur de la santé n’aura été, en fait, qu’un "Ségur de l’hôpital".

Parallèlement aux 6 milliards d’euros d’investissements, 13 milliards de reprise de dette et 8 milliards de revalorisations salariales dédiées à l’hôpital, les promesses du gouvernement concernant les libéraux ont été plus limitées. Si quelques mesures concrètes ont été présentées, comme la généralisation de la rémunération sur objectif de santé publique aux spécialistes, la plupart des avancées ont été renvoyées à une future négociation conventionnelle (notamment concernant le développement de la téléconsultation).

D’ailleurs cette ultime concession aux libéraux aurait été acquise au forceps « si je n’avais pas insisté la veille auprès d’Olivier Véran, il n’aurait probablement pas évoqué les négociations conventionnelles » estime ainsi Jacques Battistoni, le président de MG France auprès des Echos.

« Comme nous le redoutions, ce Ségur de la santé est devenu le Ségur de l’hôpital. Il n’y a rien de concret pour les médecins libéraux », s’agace quant à lui, le Dr Jean-Paul Hamon, président d’honneur de la FMF auprès du magazine Challenges. Selon lui, cette concertation voulue par Emmanuel Macron et lancée mi-mai s’est révélée une « erreur monumentale », une « occasion manquée de transformer le système de santé ».

« Là où il a fallu quelques jours pour dégager plusieurs milliards d’euros pour soutenir les personnels hospitaliers, la médecine de ville est renvoyée à la fin de l’année, sans aucune orientation sur les moyens qui permettraient d’accompagner sa réorganisation et favoriser la coordination au plus près des patients » raille quant à elle la CSMF.

Aussi, désormais, Thomas Fatome le futur patron de la CNAM se devra de rassurer les praticiens et les syndicalistes sont méfiants.

D’autant plus que plutôt que la télémédecine ou l’exercice coordonné, c’est la revalorisation du tarif de la consultation de base qui est dans tous les esprits.

« Cette base de négociation est intangible pour les médecins spécialistes trop longtemps oubliés » estime ainsi la CSMF.

« D’ailleurs, personne ne comprendrait que l’on maintienne le tarif de la consultation de base à 25 euros alors que le contenu de cet acte s’est transformé et complexifié, que les conditions de sa réalisation avec la Covid ont abaissé considérablement le revenu net que peut en espérer le médecin » appuie le SML.
Un contre-Ségur
La FMF, elle prend les devants et organise un « contre-Ségur » sur une plateforme dédiée. « En toute transparence, les résultats seront communiqués à toutes les personnes qui s’exprimeront et seront synthétisés à la rentrée. Cela enrichira la réflexion et débouchera sur d’autres propositions, pour écrire l’exercice libéral que nous souhaitons, concrètement et efficacement. Vous permettre de vous exprimer, faire évoluer la pratique de ville pour être un partenaire à égalité avec l’hôpital, prendre toute notre place dans le monde sanitaire d’après, bref faire maintenant ce qui aurait dû être fait ces dernières semaines » détaille la Fédération.

Et de conclure : « après le Ségur langue de bois, voici un moyen de donner votre avis ! ».

X.B.