L’hôpital

Le Figaro.fr : Angers : un patient décède après avoir attendu aux urgences

il y a 2 mois, par infosecusanté

Angers : un patient décède après avoir attendu aux urgences

Par Roland Gauron

Publié le 18/06/2019

Faute d’être pris en charge rapidement, cet homme de 49 ans a préféré quitter samedi 15 juin le CHU d’Angers pour se rendre dans une clinique de la ville, où il est décédé une vingtaine de minutes plus tard.
L’homme de 49 ans s’est présenté samedi à 19h30 aux urgences du CHU d’Angers, où il n’a pas pu être immédiatement pris en charge. Il est finalement décédé aux alentours de 20 heures sur le parking de la clinique de l’Anjou, de l’autre côté de la ville. Le procureur de la République d’Angers, Yves Gambert, a ordonné une enquête pour « recherche des causes de la mort » ainsi qu’une autopsie. « À ce stade, nous poursuivons l’enquête mais il n’y a aucun élément qui permette de lancer des poursuites pour non-assistance à personne en danger ou homicide involontaire », explique le magistrat.

À son arrivée à l’hôpital, à 19h34, la victime domiciliée au centre communal d’action sociale (CCAS) d’Angers s’était plainte d’une douleur au cœur. Il est accompagné par une dame. Un agent d’accueil s’occupe alors de son admission administrative dans le service. Mais, selon Christian Lemaire du syndicat Sud du CHU d’Angers, le patient et son accompagnatrice, inquiète, s’impatientent, faute d’être immédiatement pris en charge par un soignant. Car l’infirmier chargé d’examiner les patients à leur arrivée est déjà occupé avec un autre patient. Or, l’état de ce dernier ne lui permet pas de s’absenter. L’agent administratif part alors en quête d’un autre soignant dans le service mais ne parviendra pas à trouver de solution. À 19h47, la victime quitte les urgences par ses propres moyens pour se rendre en voiture la clinique de l’Anjou.

Un « manque d’effectifs chronique »

« Ce patient aurait dû être pris en charge, déplore Christian Lemaire. Même si les deux événements ne peuvent pas être directement liés, ce décès illustre malheureusement là où peut nous conduire le manque chronique de personnels dans les urgences. » Car, selon le syndicaliste, un seul soignant était présent au moment des faits contre les trois soignants habituellement prévus dans l’équipe du soir pour aiguiller les patients à leur arrivée aux urgences. « Les effectifs étaient réduits en raison de plusieurs arrêts de travail programmés. La direction avait été alertée de la situation mais elle n’a pas apporté de solution. » L’intersyndicale SUD, FO, CGT du CHU a déclenché lundi un droit d’alerte auprès du CHSCT.

De son côté, la direction de l’établissement déplore une instrumentalisation de l’affaire dans le contexte de la grève que connaît ce service depuis le 2 mai. « Une seconde infirmière était en charge de l’orientation des patients, mais il se trouve qu’elle donnait un coup de main dans une autre unité, étant donné l’affluence modérée aux urgences » explique le professeur Sigismond Lasocki, chef de pôle ASUR. D’après la direction, le délai d’attente moyen était ce soir-là d’une quinzaine de minutes pour les patients en capacité de marcher. « Ça s’est joué à trois minutes. Quand l’infirmière est revenue, le patient n’était plus là. Il est reparti sans prévenir. S’il l’avait fait, nous aurions tout fait pour le retenir », conclut-il.