Les mobilisations sur les retraites 2019-2020

Le Monde.fr : Réforme des retraites : appels à un durcissement du mouvement, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation

Décembre 2019, par infosecusanté

Le Monde.fr : Réforme des retraites : appels à un durcissement du mouvement, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation

Le haut-commissaire en charge du dossier a jugé, lundi, que le statu quo n’était « pas tenable ». Le contenu détaillé du texte doit être présenté mercredi.

Le Monde avec AFP•

Publié le 9/12/2019

La mobilisation contre la réforme des retraites ne faiblit pas alors qu’une journée de grève et de manifestations est prévue mardi 10 décembre. Le contenu détaillé du texte doit, lui, être présenté mercredi, à la mi-journée, au Conseil économique, social et environnemental (CESE). Le premier ministre, Edouard Philippe, sera l’invité du journal télévisé de 20 heures de TF1, mercredi, après cette présentation.
•Le statu quo « intenable », pour le haut-commissaire aux retraites

Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, a présenté, lundi, ses « conclusions » sur la réforme promise par Emmanuel Macron :

« Je suis convaincu que le statu quo n’est pas tenable, que ce projet est indispensable et que les générations futures nous seront reconnaissantes. »

M. Delevoye a détaillé les points d’accord et de désaccord, au terme de deux années de concertation avec les partenaires sociaux. Dans un document de synthèse de cette concertation, le haut-commissaire fait ressortir « une forte volonté de remédier aux limites du système actuel tout en conservant son ADN », justifiant ainsi la création du « système universel » censé remplacer les 42 régimes de retraites existants.

Selon M. Delevoye, certaines de ses propositions font plutôt consensus : maintien de l’âge légal à 62 ans, des départs anticipés pour les carrières longues et les métiers « régaliens », garantie « dans la loi » que la valeur du point « ne peut baisser », pension minimum à 85 % du smic pour une carrière complète, prise en compte pour les fonctionnaires de la pénibilité et des primes. Mais d’autres sujets sont loin de faire l’unanimité, en particulier « l’entrée en vigueur du nouveau système » dès 2025.

Le haut-commissaire a esquissé un nouveau scénario en deux temps : « Les jeunes générations pourraient commencer à s’affilier au système universel, si possible rapidement après la loi », tandis qu’une autre date de bascule serait fixée pour « la première génération concernée par l’intégration progressive » dans ce nouveau régime.
Article réservé à nos abonnés Lire aussi | Réforme des retraites : la semaine de tous les dangers pour l’exécutif •Les principaux syndicats policiers menacent de durcir leurs actions

Les trois principaux syndicats de gardiens de la paix Alliance et UNSA-Police, rejoints par Unité-SGP, ont promis, lundi, de durcir leurs actions si l’exécutif n’apportait pas des garanties pour la défense du régime spécifique de retraite des policiers :

« La mobilisation continue, elle doit s’accentuer jusqu’au black-out complet et illimité dans la durée à partir du 11 décembre tant que nous ne serons pas entendus »

« Nous n’avons aucune nouvelle du ministère de l’intérieur. Il n’a pas l’air de comprendre le degré d’exaspération chez les policiers », a déploré Philippe Capon, secrétaire général de l’UNSA-Police. « Dès mercredi, nous allons amplifier les blocages des commissariats, accentuer la grève du zèle dans les aéroports en renforçant les contrôles. Les CRS pourraient se mettre en arrêt maladie », a-t-il prévenu.

L’UNSA-Police et Alliance, qui la semaine dernière avaient appelé à mettre en place un service minimum et ont multiplié les actions symboliques pour protester contre le projet de réforme des retraites, ont été officiellement rejoints dans l’action intersyndicale par Unité-SGP-Police, qui de son coté avait également lancé des actions de protestation.
Article réservé à nos abonnés Lire aussi | « Depuis le début, c’est cafouillage sur cafouillage… » : les députés LRM face au flou de la réforme des retraites •Un mouvement « très suivi » dans l’éducation

Plusieurs syndicats (FSU, CGT, FO, Solidaires), rejoints par des organisations lycéennes et étudiantes (UNEF), appellent à participer à la nouvelle journée de mobilisation, mardi. « Il y aura sans doute moins de grévistes que jeudi dernier mais on s’attend à un mouvement très suivi », confie Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU (premier syndicat du primaire).
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Métros et RER bondés, quais noirs de monde, centaines de kilomètres de bouchons en Ile-de-France : les transports publics, très perturbés lundi, en particulier à Paris, devraient le rester mardi pour la sixième journée consécutive de grève.

A la SNCF, seulement 20 % des TGV et des Transilien (RER SNCF et trains de la banlieue parisienne) pourront circuler, a annoncé la direction.

A la RATP, où 10 lignes de métro seront fermées mardi, les assemblées générales de salariés ont voté la poursuite de la grève au moins jusqu’à mercredi, et parfois jusqu’à vendredi. « La semaine est morte », résume Thierry Babec, secrétaire général de l’UNSA-RATP, le premier syndicat de la régie.
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Quelque 25 % des vols intérieurs et 10 % des moyen-courriers d’Air France seront annulés, alors que la direction générale de l’aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes de réduire leur programme de vol.

La Fédération nationale des ports et docks (CGT) appelait par ailleurs à des arrêts de travail de vingt-quatre heures mardi et jeudi.
•Le gouvernement confronté à la multiplication des fronts

L’exécutif semble, par ailleurs, menacé par un risque d’élargissement de la contestation sur d’autres fronts : les internes en médecine étant par exemple appelés à une grève illimitée à partir de mardi pour dénoncer la « dégradation des soins », et les généralistes à fermer leurs cabinets samedi. Sans compter que quatre syndicats du transport routier et de la logistique ont appelé à la grève le 16 pour de meilleures conditions de travail.