Politique santé sécu social du gouvernement

Lequotidiendumedecin.fr : Tarifs, frais de gestion : Buzyn et Macron augmentent la pression sur les complémentaires

Décembre 2018, par infosecusanté

Tarifs, frais de gestion : Buzyn et Macron augmentent la pression sur les complémentaires

Anne Bayle-Iniguez

| 18.12.2018

Depuis les annonces présidentielles pour apaiser la colère des gilets jaunes, la semaine dernière, le gouvernement s’active pour trouver les moyens de financer les mesures annoncées sur le pouvoir d’achat, tout en pressant les grands acteurs économiques de s’investir eux aussi.

Après les banques et les entreprises, c’est au tour des complémentaires santé d’être sollicitées directement par l’exécutif « dans le cadre de la mobilisation générale pour répondre à la situation d’urgence économique et sociale », indique l’Élysée. La novlangue politique cache à peine le dessein élyséen : réclamer aux mutuelles, assurances privées et institutions de prévoyance, reçues ce mardi, un effort sur leurs tarifs 2019 pour ne pas plomber le discours de rentrée sur le retour du pouvoir d’achat.

Avant leur rencontre avec Emmanuel Macron, les représentants des complémentaires santé ont rencontré ce midi Agnès Buzyn au ministère. Si l’objet de la réunion était un comité de suivi sur la réforme du reste à charge zéro, la locataire de Ségur – l’une des trois ministres à la manœuvre sur le projet de loi urgence économique et sociale – en a profité pour insister sur l’indispensable effort de modération tarifaire du secteur mutualiste et assurantiel.

Tenir les engagements

Interrogée sur les attentes du gouvernement à l’endroit des complémentaires, Agnès Buzyn a expliqué qu’Emmanuel Macron allait leur « parler du besoin des Français de retrouver du pouvoir d’achat et de la nécessité de travailler sur les dépenses contraintes, les organismes complémentaires faisant partie des dépenses contraintes ».

Lors de son propre entretien avec les mutuelles, les assureurs et les institutions de prévoyance, Agnès Buzyn, qui refuse le terme de « recadrage », a « rappelé les engagements qu’ils avaient pris » auprès des Français sur le reste à charge zéro.

Dans le contexte actuel, le gouvernement ne peut se permettre un couac politique sur l’accès financier aux soins. La première pierre de la réforme du 100 % santé, qui devrait coûter près d’un milliard d’euros, aux trois-quarts financés par la Sécurité sociale, doit se concrétiser dès le 1er janvier 2019 sur les audioprothèses.

Or, si Agnès Buzyn trouve « naturelle » et « normale » une évolution annuelle des cotisations (au regard des besoins et des coûts de santé en augmentation), la réforme en soi du reste à charge zéro « ne peut en aucun cas impacter le coût des complémentaires santé et donc des tarifs ». La semaine dernière, elle avait mis en cause le « sabotage » politique de certaines mutuelles décidées à augmenter leurs prix au prétexte de la réforme du reste à charge zéro.

La ministre a également indiqué avoir demandé aux complémentaires de « réduire » leurs frais de gestion, poste budgétaire « qui représente 20 % de leur chiffre d’affaires ».

La santé oubliée du débat national ?

Parallèlement au projet de loi sur l’urgence économique et sociale, le gouvernement lance une grande concertation nationale dont l’objectif est de redonner la parole aux Français sur l’élaboration des politiques publiques sur quatre thèmes : transition écologique, fiscalité, organisation de l’État et démocratie et citoyenneté dont l’immigration.

Émue de ne voir ni la santé ni l’hôpital dans les chantiers ouverts, la Fédération hospitalière de France (FHF) s’est fendue d’un communiqué pour rappeler l’importance de l’accès aux soins, « l’une des préoccupations les plus prégnantes des Français ». Craignant de ne pas en voir la couleur dans le plan Ma santé 2022, les hôpitaux réclament la « sanctuarisation » d’une enveloppe spécifique sur la recherche, l’innovation et l’investissement.