Cholera

France Info : Épidémie de choléra à Mayotte : contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, la réponse n’est pas "adéquate", selon Médecins du monde

il y a 2 semaines, par infosecusanté

France Info : Épidémie de choléra à Mayotte : contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, la réponse n’est pas "adéquate", selon Médecins du monde

La coordinatrice de Médecins du monde à Mayotte reconnaît, vendredi, les "efforts faits par le gouvernement" mais pointe des échecs.

Article rédigé parfranceinfo Radio France

Publié le 10/05/2024

En dépit des "énormes efforts faits par le gouvernement pour mobiliser des ressources humaines supplémentaires pour essayer d’endiguer le plus rapidement possible" l’épidémie de choléra à Mayotte, sa réponse n’est pas "adéquate", indique Marion Ramstein, coordinatrice de Médecins du monde sur place,

Des propos qui viennent contredire ceux du ministre délégué chargé de la Santé, Frédéric Valletoux. Contrairement aux Comores, "on voit qu’à Mayotte, la réponse est adéquate", a-t-il déclaré sur place, jeudi, après que l’épidémie a fait un premier mort. Il s’agit d’une petite fille de trois ans, décédée mercredi soir.

"Prendre en compte les conditions d’accès à l’eau"
"Penser une réponse de lutte contre le choléra sans prendre en compte les conditions d’accès à l’eau, c’est peu efficace et surtout, il faut prendre en compte les barrières qui font que les personnes ne peuvent pas se rendre dans les centres de santé", reprend Marion Ramstein.

Elle constate en effet "une intensification des interpellations à proximité directe des centres de santé, voire même dans les salles d’attente", ce qui dissuade les clandestins de s’y rendre. Des arrestations ont aussi lieu "pendant les maraudes ou pendant les activités de soin".

Dans la lutte contre l’épidémie, cela constitue des "freins importants". Aussi, elle "demande" que "les enjeux de santé publique soient priorisés par rapport aux opérations de police, de gendarmerie et de police aux frontières". Autre sujet d’inquiétude : le retour en classes des élèves, lundi 13 mai, après les vacances. "Ça va être un catalyseur de la propagation de la maladie", dit-elle. Si "pour l’instant, la situation est contrôlée et concentrée dans certains quartiers bidonvilles, on est très inquiet sur la propagation à plus large échelle sur l’île".