Industrie pharmaceutique et biologie médicale

Le Figaro - Sanofi : les syndicats dénoncent un projet de suppression de 424 nouveaux postes en Europe

il y a 4 semaines, par Info santé sécu social

Par Le Figaro avec AFP
Publié le 12/04/2021

Pour les élus du CEE, cette décision en pleine pandémie de Covid-19 apparait comme « irresponsable ».

Les syndicats de Sanofi ont dénoncé lundi un nouveau projet de suppressions d’emplois visant 424 postes dans les fonctions commerciales dans 14 pays européens, dont « c’est le tour » de « payer leur tribut à la restructuration du groupe » pharmaceutique.

« Parce que les chiffres d’affaires y seraient insuffisants (insuffisants par rapport à quoi ?), le groupe a décidé d’externaliser la vente et la promotion des médicaments Sanofi » dans ces pays, protestent dans un communiqué les représentants du personnel au sein du comité d’entreprise européen (CEE).

Ces suppressions de postes « ne font pas partie de celles annoncées en juin 2020 » par la direction, a déclaré à l’AFP Michel Moine (CFE-CGC), secrétaire adjoint du CEE. La direction de Sanofi avait alors dit vouloir supprimer jusqu’à 1.700 emplois en Europe, dont un millier en France.

Dans leur communiqué, les élus du CEE s’insurgent contre « la politique financière et à court terme de Sanofi », qui « continue à être destructrice pour ses propres employés et met en danger son propre avenir ».

Sollicitée par l’AFP, la direction de Sanofi n’avait pas réagi lundi en fin de matinée.

« Albanie, Bosnie, Bulgarie, Croatie, Chypre, Estonie, Lettonie, Lituanie, Macédoine du Nord, Moldavie, Monténégro, Serbie, Slovaquie, Slovénie » sont les pays concernés par les nouvelles suppressions de postes, d’après le communiqué.

Inquiétudes pour les salariés

Inquiets pour l’« avenir » des salariés ciblés, les élus du CEE « redoutent » qu’ils « ne retrouvent pas de travail dans une Europe où les systèmes de santé vont être en grande difficulté ». Et « tous les médicaments de Sanofi continueront-ils à être distribués (dans ces pays) ? Il est fort à craindre qu’un repreneur ne veuille conserver que ceux qui rapportent le plus », ajoutent les élus.

En outre, « opérer ce changement en plein milieu de la pandémie du Covid est irresponsable », estiment-ils. « Sanofi affirme se soucier des personnes, de la santé et des produits, mais agit à l’inverse », accusent-ils.

« Si ce projet est mené à son terme malgré nos contestations, nous exigeons que chaque salarié concerné bénéficie de mesures d’accompagnement à la hauteur des possibilités de Sanofi et qu’il soit embauché par le repreneur avec une garantie d’emploi de 5 ans minimum sans baisse de sa rémunération ni dégradation de ses conditions de travail », réclament-ils.

Au-delà de ces nouvelles suppressions de postes, les élus du CEE réclament « l’ouverture de négociations sérieuses entre représentants des salariés et dirigeants pour stopper les restructurations », « accroitre l’investissement dans la recherche » et « redéfinir une politique de gestion des salariés qui remette enfin l’humain au coeur de l’entreprise et de la société ».