Cliniques, maternités et Hôpitaux privés

Le Parisien -Hauts-de-Seine : des soins sans rendez-vous pour les petites urgences (dans le privé -1-)

il y a 3 semaines, par Info santé sécu social

Par Florence Hubin
Le 16 octobre 2019

La salle d’attente toute pimpante a été aménagée face aux admissions de la clinique Lambert. Depuis quelques semaines, un accueil de soins non programmés fonctionne au rez-de-chaussée de l’établissement pour accueillir les patients dont l’état ne justifie pas une orientation aux urgences.

« L’idée est d’être une zone tampon entre la médecine de ville et les urgences, notamment pour plâtrer, suturer… », explique le Dr Pierre Gautier-Gentes, l’un des deux médecins urgentistes, avec le Dr Benjamin Ohana, en charge de ce nouveau service avec une infirmière à temps plein issue de la clinique.

« Tout le monde va aux urgences par excès, constatent les deux jeunes praticiens, qui ont derrière eux cinq ans d’expérience aux urgences des hôpitaux publics. On voudrait absorber ces gens-là. ».
Le recours aux urgences a explosé depuis 25 ans

Selon un rapport remis au ministre des Solidarités et de la Santé en mai 2018, le nombre de passages dans les services d’urgence est passé de 7 millions en 1990 à plus de 20 millions en 2015. Parallèlement, la proportion d’hospitalisations après passage aux urgences, supérieure à 30 % en 1990, s’est abaissée aux environs de 20 % et les cas graves ne représentent que 10 % des admissions. Par ailleurs, 75 % des passages ont lieu entre 8 heures et 20 heures.

« L’une des raisons pour lesquelles les gens vont davantage aux urgences aujourd’hui, c’est qu’il y a moins de médecins en ville, constate Philippe Juvin, maire (LR) de La Garenne-Colombes et chef des urgences à l’hôpital européen Georges-Pompidou. C’est moi qui ai demandé au directeur de la clinique Lambert de travailler sur ce sujet, et le résultat est très positif. »

Il faut dire qu’à La Garenne-Colombes, ces dernières années, une seule installation est venue compenser le départ en retraite de six généralistes. Pour attirer de jeunes généralistes, le maire a également décidé de faire acquérir par la ville un local, rue du Château, pour créer une maison médicale. « On souhaite y voir s’installer des médecins, un kiné, une infirmière… On cherche actuellement les professionnels et on espère ouvrir dans un an. »

Un service facturé en secteur 1

En attendant, à la clinique Lambert, les patients ne se sont pas fait attendre. « Depuis la rentrée, les patients nous ont été adressés soit par leur médecin traitant, soit par une infirmière ou une pharmacie », constatent les deux urgentistes.

Le service dispose d’une salle équipée comme un box d’urgence à l’hôpital. Il a accès par un ascenseur dédié au bloc opératoire de la clinique tout comme à l’imagerie (radiologie, IRM) en cas de besoin. Après la pose du diagnostic, le malade peut repartir avec un rendez-vous pris à la clinique avec un spécialiste. Atèles, bottes de marche, béquilles… les blessés légers sont équipés sur place en cas de fracture légère.

Les consultations et le matériel sont facturés en secteur 1 et le service pratique le tiers payant. Le patient doit en revanche régler la part de sa mutuelle.

Un autre établissement privé a ouvert, en septembre, le même service à Issy-les-Moulineaux. L’Hôpital Suisse offre en effet désormais des consultations non programmées pour poser un diagnostic sur des douleurs qui inquiètent les patients (douleur abdominale inhabituelle, suspicion de fracture…) et assurer des radios et des examens biologiques nécessaires. Là aussi, elles ne sont pas destinées à prendre en charge les urgences vitales.

La Garenne-Colombes, accueil de soins non programmés de la clinique Lambert, 67, avenue Foch. Ouverture du lundi au vendredi de 10 heures à 18 heures. Consultations sans rendez-vous. Tél. 01.71.04.25.54.

Issy-les-Moulineaux, consultations non programmées à l’Hôpital Suisse, 10, rue Minard. Ouverture du lundi au vendredi de 8 heures à 19 heures Tél. 01.41.33.11. Secteur 1.

Note
-1- Ajout par le site NPA-santé-sécu-social