Les deserts médicaux

Lequotidiendumedecin.fr : 30 généralistes salariés, 4 pôles : le centre de santé de Saône-et-Loire lancé à plein régime

il y a 2 mois, par infosecusanté

30 généralistes salariés, 4 pôles : le centre de santé de Saône-et-Loire lancé à plein régime

Martin Dumas Primbault

07.09.2018

Première mission accomplie pour le centre de santé multisite de Saône-et-Loire ! L’objectif de 30 médecins recrutés avant la fin de l’année 2018 est atteint. C’est André Accary (LR), le président du conseil départemental qui l’a annoncé fièrement en cette rentrée, revendiquant la santé insolente de son projet.

Initié en juin 2017 et opérationnel depuis janvier, ce projet de centre de santé départemental multisite est inédit. Il consiste à salarier des médecins directement par le département, pour les répartir ensuite sur le territoire en fonction des besoins.

Installés dans quatre pôles pour l’instant, ces médecins ont vocation à exercer dans des dizaines d’antennes qui commencent à fleurir dans tout le département. Salariés sous le statut de fonctionnaires territoriaux, les généralistes travaillent aux 35 heures pour un salaire mensuel net allant de 4 000 à 6 000 euros selon l’expérience. Un barème calqué sur celui de la fonction publique hospitalière et qui semble suffisamment attractif pour assurer le succès de l’opération.

« Je ne m’arrêterai que quand j’aurai assez de médecins »

De fait, le recrutement, qui avait commencé dès septembre 2017, s’est révélé fructueux. Vingt premiers généralistes exercent depuis janvier dans les quatre pôles de Digoin, Autun, Chalon et Montceau.

Respectant l’échéance qu’il s’était fixée, André Accary a annoncé la semaine dernière l’arrivée de dix nouveaux médecins d’ici à la fin de l’année. Mais il ne compte pas en rester là ! Joint par « le Quotidien », le président du conseil départemental se veut clair : « Je ne m’arrêterai que quand j’aurai assez de médecins sur le terrain. » Pour autant, il n’entend pas entraver l’installation de praticiens libéraux sur son territoire. « À partir du moment où il y a un projet de médecine libérale classique, je me retire ou je n’ouvre pas d’antenne. »

Bientôt un cinquième pôle

Le recrutement ayant atteint son rythme de croisière, il faut désormais ouvrir les 45 antennes territoriales visées par le département. Son président s’y emploie sans traîner. Après l’ouverture « symbolique » en juin d’une première à Saint-Léger-sous-Beuvray, André Accary devait inaugurer celle du Creusot et celle de Champforgeuil. Compte tenu des distances de trajet entre les pôles, « résidences administratives » des médecins et les antennes, « dans lesquelles ils doivent se déplacer tous les matins », André Accary envisage de faire de celle du Creusot un cinquième pôle « d’ici à trois mois ».

Qualification universitaire

Non content de repeupler son territoire en médecins, l’infatigable président du conseil départemental veut également permettre la formation d’internes. « Je suis en train de monter un dossier pour faire reconnaître le dispositif comme centre de santé universitaire », explique-t-il. Cette possibilité est offerte depuis la publication en octobre 2017 d’un arrêté fixant les conditions pour permettre aux maisons et aux centres de santé d’obtenir la qualification universitaire.

En Saône-et-Loire, la densité de généralistes est, depuis plusieurs années, nettement inférieure aux densités régionale et nationale. En 2016, la Saône-et-Loire comptait 635 généralistes, libéraux ou salariés, ce qui représente une densité de 110,4 médecins pour 100 000 habitants alors qu’elle est de 125,6 en région et de 132,1 en France.