Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

Le Généraliste - Covid-19 : les contaminations repartent à la hausse

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

PAR IRÈNE LACAMP - PUBLIÉ LE 10/06/2022

Selon le dernier point épidémiologique de Santé publique France, la circulation du SARS-CoV-2 repart à la hausse. Une dynamique probablement en lien avec la progression des sous-lignages BA.4 et BA.5 d’Omicron.

Les épidémiologistes le pressentaient, le début du mois de juin le confirme : la circulation du SARS-CoV-2 repart. C’est ce qu’indique le dernier point épidémiologique de Santé publique France.

Pour rappel, après plusieurs semaines de baisse, les indicateurs virologiques avaient commencé à se stabiliser en semaine 21 (soit du 23 au 29 mai). « La circulation du Sars-CoV-2 a diminué de manière moins marquée par rapport aux semaines précédentes », soulignait Santé publique France la semaine dernière. Certaines régions comme l’Île-de-France et l’Occitanie avaient même recommencé à enregistrer une augmentation du nombre de cas.

Augmentation des indicateurs virologiques à l’échelle nationale

Mais en semaine 22 (soit du 30 mai au 5 juin), une véritable reprise est enregistrée à l’échelle nationale. En effet, selon Santé publique France, les taux de dépistage et de positivité ont globalement augmenté. Mais surtout le taux d’incidence du Covid-19 a enregistré une hausse de 13 % par rapport à la semaine précédente, dépassant la barre des 240 cas pour 100 000 habitants. La plupart des classes d’âge seraient concernées (moins de 10 ans et plus de 90 ans exceptés), de même que la grande majorité des régions (seule la Corse continue à enregistrer une décrue, et l’épidémie reste stable en Provence-Alpes-Côte d’Azur).

Cette recrudescence du nombre de cas ne se retrouve pas encore à l’hôpital. « Les indicateurs hospitaliers ont quant à eux poursuivi leur diminution au niveau national », souligne Santé publique France. Toutefois, la décrue tend aussi à marquer le pas. De fait, l’agence note une « diminution moins marquée du taux d’hospitalisation », puisqu’en semaine 22, les nombres de nouvelles hospitalisations et d’admissions en soins critiques n’ont baissé que de 15 % - contre, respectivement, 21 et 26 % la semaine précédente.

Recul des mesures barrière et de BA.2 en cause

Selon Santé publique France laisse entendre que deux phénomènes pourraient expliquer ce rebond de la circulation virale. Le premier concerne le recul de l’application des mesures de freinage du SARS-CoV-2. « Après plusieurs mois d’augmentation, la diminution de l’adhésion aux gestes barrières, et notamment du port du masque, se confirme en mai 2022 (-8 % entre les vagues d’avril et de mai) », rapporte l’agence, qui note cependant que l’aération toutes les heures est, elle, en hausse, « possiblement en lien avec l’augmentation des températures ». « Même si une attention particulière est portée en présence de personnes fragiles, l’intention du port du masque ou celle du lavage régulier des mains en cas de symptômes sont loin d’être acquises dans toutes les circonstances. »

Les nouveaux sous-lignages BA.4 et BA.5 d’Omicron pourraient également être en cause. De fait, si BA.2 reste majoritaire, il ne représentait plus, dans l’enquête Flash 21, que 80 % des séquences – contre 94 % la semaine précédente. Au contraire, BA.4 et BA.5, qui comptent désormais respectivement pour 1 % et 18 % des séquences, gagnent de plus en plus de terrain. Or comme le soulignait la semaine dernière l’agence lors de son point presse hebdomadaire, « en Afrique du Sud et au Portugal, où BA.4 et BA.5 sont désormais majoritaires, ces sous-variants ont provoqué de nouvelles vagues épidémiques ». L’expérience de ces deux pays semble (toutefois) plutôt rassurante, « ces vagues, désormais stabilisées, ne se (s’étant) pas accompagnées de recrudescences massives d’hospitalisations et de décès ».