Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

Le Généraliste - Épidémie : la circulation du SARS-CoV-2 ralentit mais les troubles dépressifs augmentent

il y a 2 mois, par Info santé sécu social

PAR BÉNÉDICTE GATIN - PUBLIÉ LE 13/11/2020

Plusieurs personnalités politiques ou scientifiques l’avaient déjà évoqué, le point épidémiologique Covid-19 publié jeudi soir par Santé publique France (SPF) le confirme : dans l’Hexagone la circulation du SARS-CoV-2 tend à ralentir.

Au niveau national, en semaine 45, (soit du 02 au 8 novembre), le nombre de nouveaux cas confirmés a ainsi diminué de 14 % (286 972 vs 333 371 en semaine 44), tandis que le taux de positivité est passé de 21,0 % à 19,5 %, soit une diminution de 1,5 point. Le nombre d’actes SOS Médecins pour suspicion de Covid-19 est également en baisse (passant de 7 655 à 6269, soit -18 %), tout comme le nombre de passages aux urgences (14 584 versus 14 959 en semaine 44, soit -3 %).

Le taux de reproduction inférieur à 1

De même, le fameux taux de reproduction (ou R effectif) est en baisse, et est même repassé en dessous de la barre des 1 pour atteindre 0,93, selon les données du SI-DEP. Le R-effectif calculé à partir des données d’hospitalisation reste en revanche supérieur à 1 de même que celui calculé à partir des données de passage aux urgences.

Autre évolution plutôt encourageante, l’augmentation du nombre d’hospitalisations (+14 %) et d’admissions en réanimations (+17 %) commence à marquer le pas. En revanche l’augmentation du nombre de décès, —reflet tardif de l’épidémie— , se poursuit (+29 %) avec une forte hausse dans les établissements médico-sociaux.

Même si l’épidémie « se maintient toujours à un très haut niveau », ces évolutions suggèrent « un effet du renforcement des mesures barrières et de distanciation sociale de ces dernières semaines et notamment de la mise en place successive des différents couvre-feux associées à la communication sur la situation épidémiologique très préoccupante depuis le mois d’octobre », estime SPF.

« Il convient néanmoins de rester prudent dans l’interprétation des indicateurs liés aux tests RT-PCR (données virologiques, R-effectif SI-DEP) du fait de la mise à disposition depuis 3 semaines des tests antigéniques, qui peuvent avoir entraîné une diminution du recours aux tests RT-PCR et par conséquent sous-estimé le taux d’incidence. » Cependant, d’après les données disponibles sur les volumes de tests antigéniques réalisés, il semble que leur exclusion ne remette pas en cause la diminution d’incidence observée.

La prévalence des troubles dépressifs multipliée par deux depuis septembre

Le point épidémiologique du 12 novembre met aussi en exergue l’impact de l’épidémie sur la santé mentale des Français, pointant une augmentation significative des troubles dépressifs dans l’ensemble de la population. Selon l’étude CoviPrev, la prévalence de ces troubles a doublé entre fin septembre et début Novembre, passant de 10 % à 21 %.

« La hausse des symptômes dépressifs a été observée pour tous les profils sociodémographiques, traduisant une dégradation de l’état de santé mentale à l’échelle de la population », précise santé publique France. Cependant, les hausses les plus importantes ont été observées chez les plus jeunes (+16 points chez les 18-24 ans et +15 points chez les 25-34 ans), les inactifs (+15 points) et les personnes déclarant une situation financière très difficile (+14 points).