Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

Le Monde.fr : Covid-19 : le risque présenté par Omicron reste « très élevé » selon l’OMS, mise en garde des autorités américaines sur les tests antigéniques

il y a 4 mois, par infosecusanté

Le Monde.fr : Covid-19 : le risque présenté par Omicron reste « très élevé » selon l’OMS, mise en garde des autorités américaines sur les tests antigéniques

En Europe, de nouvelles restrictions ont été décidées. La France, le Royaume-Uni, le Portugal, le Danemark, l’Islande et la Grèce ont enregistré des seuils jamais atteints de cas quotidiens.

Le Monde avec AFP et Reuters
Publié le 28 décembre 2021

La pandémie de Covid-19 a fait plus de 5,4 millions de morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse à partir de sources officielles, mardi 28 décembre.

En valeur absolue, les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé avec plus de 818 000 morts, suivis par le Brésil (618 000), l’Inde (480 000) et la Russie (306 000). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui officiellement recensé.

Le risque présenté par Omicron reste « très élevé », selon l’OMS
Le risque posé par le très contagieux variant du coronavirus Omicron dans le monde reste « très élevé », a mis en garde mercredi l’OMS dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire. « Des preuves fiables montrent que le variant Omicron possède un avantage de croissance par rapport au variant Delta avec un rythme de doublement de deux à trois jours », ajoute l’OMS, notant qu’une « augmentation rapide de l’incidence des cas est observée dans un certain nombre de pays ». « La croissance rapide est probablement liée à une combinaison entre la perte de l’immunité et l’augmentation intrinsèque de la transmissibilité du variant Omicron », a-t-on précisé de même source.

Toutefois, l’organisation a souligné la diminution de 29 % de l’incidence des cas en Afrique du Sud, pays qui a été le premier à rapporter ce variant à l’OMS le 24 novembre. L’OMS a indiqué auparavant que les données de Grande-Bretagne, Afrique du Sud et Danemark – qui ont actuellement les plus important taux d’infection –, suggéraient une réduction du risque d’hospitalisation pour Omicron par rapport au variant Delta. Toutefois, davantage de données sont nécessaires pour comprendre la gravité représentée par Omicron en matière de marqueurs cliniques, parmi lesquels l’utilisation d’oxygène, la ventilation mécanique et les décès. Et également sur la manière dont cette gravité pourrait être impactée par une précédente infection au Covid-19 ou une vaccination.

Les tests antigéniques moins sensibles à Omicron, avertissent les autorités sanitaires américaines
Les tests antigéniques de dépistage du Covid-19, qui ont l’avantage de délivrer un résultat en quelques minutes seulement, sont moins sensibles au variant Omicron du SARS-CoV-2 qu’aux variants précédents, ont averti mardi les autorités sanitaires américaines. Cela signifie que ces tests sont davantage susceptibles d’indiquer un résultat négatif malgré une infection − les fameux faux négatifs – si une personne est contaminée par Omicron.

« Des données préliminaires suggèrent que les tests antigéniques détectent bien le variant Omicron, mais avec une sensibilité réduite », a déclaré dans un communiqué l’Agence américaine des médicaments (FDA). Elle a toutefois précisé continuer à autoriser leur usage, en suivant les indications précises d’utilisation. « Si une personne est testée négative avec un test antigénique, mais est suspectée d’avoir le Covid-19, par exemple en ayant des symptômes ou une haute probabilité d’infection à cause d’une exposition, un suivi avec un test moléculaire [ou PCR] est important », a souligné l’agence.

Les tests antigéniques détectent les antigènes présents à la surface du virus, tandis que les tests PCR recherchent le matériel génétique du virus. Les premiers étaient déjà moins sensibles que les seconds, rappelle la FDA. Et leur sensibilité est désormais affectée en raison des nombreuses mutations du variant Omicron. Malgré tout, les tests antigéniques, parfois appelés tests rapides, sont largement promus par les experts, car ils peuvent être réalisés de façon régulière chez soi pour un faible coût et ainsi aider à contrôler l’épidémie. Aux Etats-Unis, ces kits de tests à domicile, de plus en plus populaires, sont récemment venus à manquer avec la très forte hausse des contaminations liées à Omicron et avec les fêtes de fin d’année.

Levée de l’interdiction d’entrée aux Etats-Unis pour les voyageurs depuis les pays d’Afrique australe
Le président américain, Joe Biden, a annoncé mardi la levée, au 31 décembre, de l’interdiction d’entrée aux Etats-Unis pour les voyageurs en provenance de huit pays d’Afrique australe – Afrique du Sud, Botswana, Zimbabwe, Namibie, Lesotho, Eswatini, Mozambique et Malawi. Ces interdictions « ne sont plus nécessaires pour protéger la santé publique », précise le président dans son décret. Le variant Omicron circule en effet désormais largement sur le territoire américain.

L’interdiction avait été décidée le 26 novembre, dans la foulée de nombreux autres pays, « dans un souci de prudence », avait expliqué un porte-parole de la Maison Blanche, à la suite de l’annonce de la découverte du variant Omicron en Afrique du Sud.

Le variant Omicron majoritaire dans plusieurs pays européens
La pandémie de Covid-19 progresse plus que jamais en Europe. Mardi, la France, le Royaume-Uni, le Portugal, le Danemark, l’Islande et la Grèce ont enregistré des seuils jamais atteints de cas quotidiens.

Le variant Omicron est désormais dominant en Suisse. Environ 55 % des cas sont dus à Omicron dans le pays, et ce variant du SARS-CoV 2 devrait bientôt représenter la quasi-totalité des infections enregistrées, ont annoncé mardi des responsables au ministère de la santé. La Suisse a l’un des taux d’infection les plus élevés d’Europe continentale, les jeunes d’une vingtaine d’années étant les plus touchés, ont déclaré ces responsables lors d’une conférence de presse, à Berne.

Omicron est également devenu dominant aux Pays-Bas, selon les autorités néerlandaises. Malgré une baisse des contaminations mardi, la grande contagiosité du variant « conduira à de nouvelles contaminations lors des prochains jours », a annoncé l’Institut national de santé publique. « Cela entraînera également une augmentation du nombre d’admissions dans les hôpitaux », a-t-il ajouté dans un communiqué. Les Pays-Bas ont annoncé il y a dix jours un confinement pendant les fêtes de fin d’année, afin de freiner l’apparition de nouveaux cas du variant Omicron. Les boutiques non essentielles, les restaurants, bars, cinémas et musées ont été fermés jusqu’au 14 janvier.

L’Europe est la région du monde qui enregistre le plus de cas, avec 2,9 millions ces sept derniers jours (55 % du total mondial), ainsi que le plus de décès, avec plus de 24 000 morts la semaine passée (53 % du total), suivie de la zone formée par les Etats-Unis et le Canada (plus de 10 000, 22 %).

De nouvelles restrictions en Europe
Dans ce contexte de poussée fulgurante de l’épidémie, les Etats mettent en place de nouvelles mesures restrictives pour éviter l’engorgement des hôpitaux.

En Finlande, les voyageurs étrangers non vaccinés contre le Covid-19, même munis d’un test négatif, ne pourront plus entrer sur le territoire à compter de mardi 28 décembre, a annoncé le gouvernement. Seuls sont autorisés à entrer les voyageurs étrangers présentant un schéma vaccinal complet, ou prouvant une contamination passée, et un test Covid-19 négatif. Seules quelques exemptions subsistent, parmi lesquelles les résidents en Finlande, les diplomates, mais aussi les motifs familiaux impérieux.

En Allemagne, une nouvelle panoplie de mesures est entrée en vigueur mardi, avant les célébrations du Nouvel An. Les réunions privées de plus de dix personnes sont interdites, même pour les vaccinés et les personnes guéries. Pour les non-vaccinés, la limite tombe à deux membres de foyers différents. Toutes les compétitions sportives se dérouleront à huis clos. Les discothèques et clubs ont également fermé leurs portes pour éviter une propagation du virus le 31 décembre.

En Grèce, à partir du 3 janvier, les restaurants et les bars fermeront à minuit et les tablées ne devront pas être composées de plus de six personnes dans ces établissements. Dans les entreprises et les administrations publiques, les travailleurs doivent passer à 50 % de télétravail à partir du 3 janvier et jusqu’au 16 janvier.

La justice belge suspend la fermeture des salles de spectacle
Un panneau « Silence s’il vous plait » tenu par une manifestante s’opposant à la fermeture des théâtres, à Bruxelles, le 26 décembre.
Un panneau « Silence s’il vous plait » tenu par une manifestante s’opposant à la fermeture des théâtres, à Bruxelles, le 26 décembre. JOHANNA GERON / REUTERS
La fermeture des théâtres et salles de spectacle annoncée le 22 décembre dernier par le premier ministre belge, Alexander De Croo, a été suspendue mardi par la justice belge. Les autorités n’ont pas démontré « en quoi les salles de spectacle relevant du secteur culturel seraient des lieux particulièrement dangereux pour la santé et la vie des personnes en tant qu’ils favoriseraient la propagation du coronavirus, au point qu’il soit nécessaire d’en ordonner la fermeture », et ce, malgré la propagation du très contagieux variant Omicron, a estimé le Conseil d’Etat.

Retrouvez le reportage : Article réservé à nos abonnés en Belgique, le secteur culturel manifeste contre la fermeture des salles imposée par le gouvernement
La plus haute juridiction administrative belge avait été saisie en référé par le producteur d’un spectacle programmé de mardi à jeudi à Auderghem, l’une des communes de la région de Bruxelles. La décision de sa suspension, dont le gouvernement ne peut faire appel, est applicable immédiatement. Elle est valable le temps qu’une décision soit prise sur le fond, ce qui pourrait prendre plusieurs mois.

Au Mexique, un navire de croisière indésirable pour cas de Covid-19 finalement autorisé à accoster
Le Mexique a affirmé mardi autoriser dans ses ports tous les navires de croisière qui « demandent à accoster », y compris celui refusé par les autorités de l’Etat de Jalisco (Ouest) en raison de cas de Covid-19 à bord. « Le gouvernement du Mexique accueillera dans ses ports maritimes les navires de croisière qui demandent à accoster dans notre pays », a indiqué le ministère du tourisme dans un communiqué. Il est ajouté que le Carnival Panorama, qui s’est vu refuser de débarquer à Puerto Vallarta, l’une des destinations les plus populaires du pays dans l’Etat de Jalisco, sera accueilli au port de Guaymas, dans l’Etat de Sonora.