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Le Monde.fr : Crise des urgences : le gouvernement « retient toutes les propositions » de la « mission flash », annonce Elisabeth Born

il y a 1 mois, par infosecusanté

Le Monde.fr : Crise des urgences : le gouvernement « retient toutes les propositions » de la « mission flash », annonce Elisabeth Borne

Parmi ces « réponses de court terme », un complément de rémunération pour le travail de nuit, une hausse de 50 % pour les gardes des médecins ou encore des démarches facilitées pour la remobilisation des médecins à la retraite.

Le Monde avec AFP

Publié le 01/07/2022

La première ministre, Elisabeth Borne, la ministre de la santé, Brigitte Bourguignon, et le président du Samu-Urgences de France, François Braun, lors d’une visite, le 1er juillet 2022, à l’hôpital de Pontoise.
La première ministre, Elisabeth Borne, la ministre de la santé, Brigitte Bourguignon, et le président du Samu-Urgences de France, François Braun, lors d’une visite, le 1er juillet 2022, à l’hôpital de Pontoise. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Le gouvernement « retient bien toutes les propositions » de la « mission flash » sur les urgences, qui préconise 41 mesures pour désengorger les hôpitaux cet été, a annoncé, vendredi 1er juillet, la première ministre, Elisabeth Borne, lors d’un déplacement au centre hospitalier de Pontoise (Val-d’Oise).

Parmi ces « réponses de court terme », la cheffe du gouvernement a notamment confirmé un « complément de rémunération » pour le travail de nuit, avec « un doublement des majorations pour les personnels soignants » et une hausse de 50 % pour les gardes des médecins.

Une manière de « reconnaître les conditions difficiles du travail de nuit », mais qui sera d’abord « expérimentée pendant trois mois » avant une éventuelle pérennisation. Les médecins libéraux auront eux aussi droit à « une majoration de 15 euros des consultations s’ils accueillent quelqu’un qui ne fait pas partie de leur patientèle », pour les « inciter à prendre des personnes en soins non programmés », a ajouté Mme Borne.

« Réflexe » d’appeler le SAMU avant d’aller aux urgences
Depuis plusieurs semaines, une crise aiguë touche les urgences. Le syndicat Samu-Urgences de France a recensé, à la fin de mai, au moins cent vingt services contraints de limiter leur activité faute de soignants, y compris dans de grands CHU comme à Bordeaux, Toulouse ou Grenoble. Une alerte qui avait valu à son président, le docteur François Braun, d’être missionné par Emmanuel Macron pour cette « mission flash ». Il a remis jeudi ses 41 recommandations à Matignon.

Au-delà des aides financières et tout en espérant « mobiliser tous les professionnels de santé » pour soulager les urgences, la première ministre a également promis de « faciliter les démarches pour les médecins retraités, pour qu’ils puissent se remobiliser », de « permettre aux maisons médicales de garde d’être ouvertes le samedi matin » ou encore d’autoriser de nouveaux actes aux pharmaciens, kinés et autres soignants, « par exemple renouveler une ordonnance sur des soins chroniques ».

Elle a aussi appelé la population à appeler le SAMU en premier recours : « Ce qu’on souhaite, c’est que chacun puisse prendre le réflexe du 15 et ne pas venir systématiquement aux urgences », a-t-elle déclaré, jugeant « impossible que l’hôpital puisse faire face à tous les besoins de soins des Français ».

Le filtrage des urgences par le SAMU reste à la main des hôpitaux
Un point essentiel pour le docteur Braun, qui a estimé vendredi sur RTL, que « ce message va permettre de diminuer la pression sur les services d’urgence dès la semaine prochaine dans les territoires en difficulté ». Prédisant néanmoins « une augmentation fort probable des appels », il a jugé nécessaire d’« augmenter le nombre d’assistants de régulation médicale » pour y répondre.

Sans insister sur le filtrage généralisé des urgences par le SAMU, proposition phare de son rapport, que Mme Borne s’est gardée de mentionner explicitement. Décriée par une partie des urgentistes, dont l’emblématique docteur Patrick Pelloux, qui dénonçait par avance « une rupture de service public » susceptible de provoquer « des morts évitables », la mesure restera donc à la main de chaque hôpital.

Le gouvernement n’a pas non plus évoqué quelque obligation ou contrainte renforcée de garde pour les médecins libéraux, dont la simple évocation, en juin, par le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, avait immédiatement provoqué les protestations.

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Ce dernier a toutefois adressé un satisfecit partiel à la première ministre dans un communiqué, estimant qu’elle avait « su apporter les réponses nécessaires ». Pour autant, selon lui, « il s’agit de mesures à très court terme qu’il faudra compléter par des mesures ambitieuses dès la rentrée ».

Le Monde avec AFP