Covid-19 (Coronavirus-2019nCoV) et crise sanitaire

Les Echos - Covid : alerte sur un risque de reprise de l’épidémie à l’automne

il y a 1 mois, par Info santé sécu social

Le professeur Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, « s’attend à un redémarrage de l’épidémie [de coronavirus] à l’automne ». L’arrivée du mauvais temps et la persistance d’un réservoir de non-vaccinés pourraient justifier de remettre en place des mesures de freinage.

Publié le 22 sept. 2021
Ce mercredi, un nouveau Conseil de défense consacré à la gestion de l’épidémie va se tenir autour d’Emmanuel Macron. Signe que les temps sont au recul du Covid-19, l’allégement des restrictions est au programme. Mais les assouplissements pourraient n’être que temporaires : la perspective d’une reprise de l’épidémie dans les mois à venir est prévisible.

« On s’attend à un redémarrage de l’épidémie à l’automne », a ainsi déclaré Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil scientifique chargé de conseiller l’exécutif, dans une interview au « Parisien » . Selon lui, le scénario observé l’an dernier devrait se répéter : après l’accalmie de septembre et l’assouplissement des contraintes , le coronavirus circulerait de nouveau et ferait remonter les contaminations.

Si l’automne est une période particulièrement critique, c’est que la dégradation des conditions climatiques est favorable à une plus grande diffusion du coronavirus, ont observé les scientifiques. Lorsqu’il pleut, qu’il fait froid ou que la nuit tombe plus tôt, on se rassemble davantage dans des lieux clos, un facteur connu de transmission du Covid-19.

La vaccination et le passe sanitaire comme armes
« Désormais, la vaccination fait office de bouclier », rassure toutefois Arnaud Fontanet. « Elle nous permet d’éviter des décisions plus drastiques comme des couvre-feux ». Au 15 septembre, plus de 74 % des Français tous âges confondus et 86 % des plus de 12 ans - le seuil d’éligibilité - avaient reçu au moins une dose de vaccin. Or, la vaccination protège contre les formes graves , ce qui signifie qu’une flambée épidémique ne se traduit plus par une submersion des hôpitaux.

Selon lui, en cas de flambée épidémique, une réduction des contacts de 20 à 40 % sera suffisante, contre 70 à 80 % avant. « Concrètement, cela veut dire recourir au passe sanitaire , au port du masque en milieu clos, accepter moins de sollicitations, maintenir le tester-alerter-protéger, un peu de télétravail quand c’est possible et plus de dépistage en milieu scolaire », explique l’épidémiologiste. Qui prévient : « Il faut être prêt à réinstaurer le passe sanitaire à la moindre alerte. »

Encore des efforts à faire sur la vaccination
Reste la persistance d’un « réservoir de non-vaccinés » où non seulement le coronavirus pourra circuler plus librement - la vaccination réduit d’environ moitié le risque de transmettre et attraper le Covid-19 -, mais aussi qui pourrait causer des formes graves et « mettre en tension l’hôpital », de l’aveu même d’Arnaud Fontanet.

Le scientifique rappelle notamment que 15 % des plus de 80 ans ne sont toujours pas vaccinés, alors même qu’il s’agit des personnes les plus fragiles face au Covid-19. « La raison est surtout l’isolement et l’absence d’accès à Internet. Il faut continuer à aller vers eux », explique-t-il. Il existe aussi, selon lui, « un réservoir d’hésitants qui ont du mal à franchir le pas et qu’il faut rassurer ».

Selon une étude Coviprev de Santé publique France en date du 16 septembre , 87 % des personnes interrogées, toutes majeures, étaient favorables à la vaccination, mais 84 % avaient déjà reçu une première dose. Chez les réticents, 60 % déclaraient que rien ne les ferait changer d’avis. Le recul des primo-injections, observé depuis fin juillet, devrait donc se prolonger encore dans les jours et semaines à venir.

Un avenir incertain de l’épidémie
« Difficile de dire » toutefois que le pire de l’épidémie est derrière nous. Si c’est le cas avec les variants actuels - Delta en tête -, « tout dépend si un nouveau variant, plus contagieux, vient jouer les trouble-fêtes », estime Arnaud Fontanet. « Il existe une famille de variants plus résistants aux vaccins » bien que moins contagieux, explique-t-il, comme le variant Beta originaire d’Afrique du Sud.

Aussi, il apparaît au scientifique vraisemblable que le coronavirus ne disparaîtra pas définitivement. Alors, soit il va perdre en virulence et rejoindre les coronavirus saisonniers responsables des rhumes et angines, soit il gardera sa sévérité plus élevée. « Il reste de nombreuses inconnues », conclut Arnaud Fontanet.