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Liberation.fr : Doctolib : une enquête ouverte à Montpellier pour « exercice illégal de la médecine »

il y a 2 mois, par infosecusanté

Liberation.fr : Doctolib : une enquête ouverte à Montpellier pour « exercice illégal de la médecine »

Déjà critiquée pour avoir référencé des naturopathes aux pratiques douteuses, la plateforme de prise de rendez-vous est sous le feu des critiques, après la révélation par Radio France de la présence de faux médecins sur le site.

Le parquet de Montpellier a ouvert une enquête en juillet pour « exercice illégal de la médecine » à l’encontre de deux personnes se faisant passer pour des psychiatres sur la plateforme de prise de rendez-vous en ligne. (Olivier Morin/AFP)

par Violette Vauloup

publié le 26 août 2022

Doctolib est de nouveau dans la tempête. Une enquête a été ouverte en juillet pour « exercice illégal de la médecine » à l’encontre de deux personnes qui se faisaient passer pour des psychiatres sur la plateforme de prise de rendez-vous en ligne, a indiqué ce vendredi le parquet de Montpellier, confirmant une information de la cellule investigation de Radio France.

Une patiente, Carole R, a découvert l’escroquerie et porté plainte après avoir prévenu le groupe. En juin, cette mère de famille cherche à consulter un psychiatre pour renouveler une ordonnance de Ritaline, le traitement de ses deux enfants atteints de troubles de l’attention.

Mais son praticien habituel est en vacances. Carole R. se tourne alors vers un autre médecin, trouvé sur Doctolib. Il dit s’appeler David Cantat et présente sur sa page sa remplaçante : « Laura Smith ». La consultation se fait en visio, sur WhatsApp, sans que Laura Smith n’allume sa caméra. Carole R. décrit à Radio France un échange « lunaire ». « La pathologie de mes enfants s’appelle le TDAH [pour trouble de l’attention avec hyperactivité, ndlr]. Je lui ai donc parlé avec cette abréviation mais je voyais bien qu’elle ne comprenait pas », explique-t-elle. Carole R. ne reçoit jamais d’ordonnance et, méfiante, fait opposition auprès de sa banque pour ne pas être débitée du montant de la consultation. Elle signale la situation à Doctolib le 21 juin et porte plainte, ce qu’a confirmé à l’AFP Me Madeleine Archimbaud, son avocate.

« De façon évidente, aucun contrôle préalable n’a été entrepris »
L’affaire alerte jusqu’au conseil départemental de l’ordre des médecins de l’Hérault, qui dépose lui aussi plainte, à Montpellier. « De façon évidente, aucun contrôle préalable n’a été entrepris », explique son président, le docteur Philippe Cathala, à la cellule investigation de Radio France. Pour être référencés sur Doctolib, les professionnels de santé disposent d’un délai de quinze jours pour fournir les pièces nécessaires à la vérification d’identité. Mais durant cet intervalle, ils peuvent utiliser la plateforme sans que leur droit d’exercer n’ait été vérifié.

La semaine dernière, le groupe Doctolib avait déjà été visé par une polémique, pour avoir référencé des naturopathes aux pratiques douteuses, de la galaxie de Thierry Casasnovas et Irène Grosjean. Face à la controverse grandissante, Doctolib avait annoncé lundi avoir suspendu les profils de 17 praticiens liés à ces deux personnages. Le lendemain, l’Ordre des médecins demandait à Doctolib de renforcer ses règles éthiques pour s’inscrire sur la plateforme.