L’hôpital

L’Humanité - Le Covid a durablement affecté l’hôpital

il y a 3 semaines, par Info santé sécu social

Santé. Le panorama 2020 de la Drees montre que les établissements de santé ont été particulièrement impactés par la crise sanitaire liée à la pandémie. Les périodes de confinement, les décisions de déprogrammation de soins ont eu des conséquences sur l’ensemble de l’activité hospitalière.

Publié le
Mardi 26 Juillet 2022
Alexandra Chaignon

L’étude confirme que la charge des patients malades a été inégalement répartie sur le territoire, en particulier lors de la première vague épidémique. Arnaud Le Vu / Hans Lucas / AFP
Au-delà du traditionnel état des lieux annuel des capacités d’accueil et de l’activité des établissements de santé, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a analysé, dans son édition 2020, l’impact de la crise sanitaire et des mesures mises en place sur les hôpitaux et cliniques.

En 2020, le Covid-19 a représenté 3,4 % des séjours d’hospitalisation complète. On y apprend que 75 % de l’ensemble de ces séjours ont été réalisés dans le secteur public, 14 % dans le secteur privé à but lucratif et 11 % dans le secteur privé à but non lucratif. L’étude confirme que la charge des patients malades a été inégalement répartie sur le territoire, en particulier lors de la première vague épidémique : Elle a représenté 32,9 % de l’ensemble des journées d’hospitalisation complète de MCO (médecine, chirurgie, obstétrique) en Île-de-France et 29,6 % dans le Grand-Est, mais seulement 4,7 % en Bretagne et 1,7 % en Guyane.

Sans surprise, les données montrent que « l’épidémie a fortement augmenté l’activité en réanimation, dont le nombre de journées a progressé de 13,5 % entre 2019 et 2020 ». Comme le souligne le panorama de la Drees, « les transferts de patients entre établissements de santé ont évité localement la saturation des capacités d’accueil », atteignant une ampleur « sans précédent » lors du premier pic épidémique avec 2 228 transferts interhospitaliers entre le 1er mars et le 21 juin 2020.

Logiquement, la crise sanitaire a provoqué une baisse « sans précédent » de l’activité hospitalière : -12,4 % pour le nombre de séjours et -8,4 % pour le nombre de journées par rapport à 2019. Ce recul « inédit » s’explique par les mesures sanitaires mises en place, notamment la déprogrammation des soins jugés non urgents. « En 2020, le nombre d’actes chirurgicaux requérant une anesthés ie a reculé de 15,1 % par rapport à 2019. » Cette baisse d’activité n’a pas été sans conséquences pour les patients. Les déprogrammations ont ainsi concerné des séances de radiothérapie (-4,1 %). « La baisse observée pour les séances de radiothérapie concorde avec d’autres études menées en France qui ont révélé un retard de prise en charge de patients atteints de cancer, notamment concernant le diagnostic de nouveaux cancers », relève la Drees. Le nombre de passages aux urgences a lui aussi reculé, de 17,3 %. Une diminution « historique » qui s’explique pour partie par la peur d’être contaminé ou de participer à la saturation des services.

Pour faire face à l’épidémie, l’emploi salarié a, sur la période, augmenté de 1,9 % (+20 100 salariés) dans le secteur hospitalier public, concernant « en premier lieu » le personnel médical, mais pas que. Une hausse salutaire qui n’a toutefois pas duré, on le constate aujourd’hui : tous les hôpitaux font face à une pénurie de soignants, pour beaucoup épuisés…